Publié le 27 février 2026 01:31:00. L’Indonésie et l’Arabie saoudite ont renforcé leur coopération en matière de pèlerinage du Hajj grâce à l’intégration de leurs systèmes numériques de gestion, une initiative visant à améliorer l’expérience des pèlerins indonésiens et à optimiser la logistique de ce voyage sacré.
Les autorités indonésiennes et saoudiennes ont interconnecté leurs plateformes numériques pour fluidifier et améliorer les services destinés aux pèlerins indonésiens participant au Hajj. L’annonce a été faite le 16 février lors du Co-échange Arabie Saoudite-Indonésie pour la Omra à La Mecque, en Arabie saoudite, par le ministre indonésien du Hajj et de la Omra, Mochamad Irfan.
Cette intégration permet la connexion en temps réel des données des pèlerins issues du Système officiel de gestion du Hajj indonésien (SISKOHAT) avec le système saoudien de gestion du Hajj, Nusuk. Ce jumelage facilitera l’obtention des visas, la validation de l’identité et la demande de permis pour le Hajj, tout en réduisant la duplication des données.
Selon un communiqué officiel, Mochamad Irfan a souligné que cette initiative dépasse la simple modernisation technologique, car elle vise à garantir la sécurité et le confort des pèlerins indonésiens tout au long de leur voyage.
« Chaque étape, des visas et de l’hébergement aux services de santé et au voyage de retour, peut désormais être entièrement surveillée et sécurisée. »
Mochamad Irfan, ministre indonésien du Hajj et de la Omra
L’Indonésie, qui envoie chaque année plus de 200 000 pèlerins – le plus grand contingent au monde – avait besoin de systèmes fiables et conformes aux normes strictes de vérification imposées par les autorités saoudiennes. Farosa, directeur du Centre des données et des technologies de l’information du ministère indonésien du Hajj et de la Omra, a expliqué que la validation en temps réel avec les systèmes saoudiens permettra de résoudre des problèmes de longue date, tels que les retards de visa et les divergences de données, et de faciliter la prestation de services.
Depuis octobre 2025, des équipes techniques ont mené des tests d’intégration progressifs, incluant des examens de cybersécurité, une cartographie des systèmes et des échanges de certificats sécurisés. En janvier 2026, SISKOHAT et Nusuk ont été déclarés connectés et opérationnels en toute sécurité.
L’intégration actuelle prend en charge le traitement des visas pour les pèlerins du Hajj, avec un transfert automatique des données de SISKOHAT à Nusuk, accélérant ainsi les procédures et améliorant la cohérence des informations. À terme, elle s’étendra au regroupement des pèlerins, aux processus d’arrivée et de départ, à la gestion des contrats de service et aux services de la Omra.
Cette collaboration vise également à accroître la transparence dans la gestion du Hajj entre les deux pays, notamment en ce qui concerne les quotas accordés par l’Arabie saoudite et la gestion des contrats d’hôtellerie et des services aux pèlerins. L’Indonésie a également plaidé pour une plus grande flexibilité dans les mécanismes de remplacement de visa pour les pèlerins qui annulent leur départ, afin d’éviter la perte de quotas.
L’année dernière, des milliers de pèlerins indonésiens n’ont pu effectuer le Hajj en raison de la suspension de la délivrance de visas spéciaux par le gouvernement saoudien, entraînant des pertes financières liées aux contrats d’hôtels et de compagnies aériennes.
Au-delà de l’administration des pèlerins, l’Indonésie et l’Arabie saoudite ont déjà mis en place une interopérabilité des données de santé pour les pèlerins du Hajj. Depuis 2024, le ministère indonésien de la Santé a mis en œuvre la carte de santé du pèlerin du Hajj (KKJH), qui contient des dossiers médicaux numériques basés sur la norme International Patient Summary (IPS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces données, accessibles via un code QR, permettent au personnel médical saoudien de prendre des décisions de traitement plus rapides et plus précises.
L’Indonésie et la Malaisie sont à l’avant-garde de l’interopérabilité transfrontalière des données de santé à grande échelle, permettant aux autorités sanitaires locales de surveiller l’état de santé des pèlerins avant leur départ.