Publié le 2025-10-17 06:30:00. L’organisme de tutelle de la danse irlandaise, le CLRG, alerte sur sa situation financière précaire, menacée par des poursuites judiciaires potentielles suite au scandale de tricherie de 2022. L’organisation risque de ne plus pouvoir assumer son rôle de gouvernance si les litiges se multiplient.
- Le CLRG a enregistré une perte de 717 796 € en 2024, incluant une provision de 500 000 € pour frais juridiques.
- Une procédure judiciaire est déjà en cours concernant la suspension d’un enregistrement en 2022.
- Les administrateurs craignent que l’organisation ne puisse survivre si toutes les poursuites aboutissent.
Les nouveaux comptes annuels du Conseil de la Danse Gaélique (CLRG), l’instance la plus prestigieuse de la danse irlandaise, révèlent une situation financière tendue. L’année 2024 s’est soldée par une perte de 717 796 €, largement impactée par une provision de 500 000 € destinée à couvrir les coûts de litiges potentiels. Cette provision fait suite aux retombées du scandale mondial de 2022, portant sur des allégations de tricherie lors de compétitions de danse irlandaise.
Les documents déposés auprès du Bureau des Entreprises (Companies Registration Office) dressent un tableau préoccupant. Les pertes enregistrées l’année dernière incluent cette provision spéciale, témoignant de l’ampleur des répercussions financières du prétendu scandale de « truquage de titres ». Face à cette situation, le CLRG avait déjà informé ses membres en 2024 de l’abandon de sa propre enquête interne sur ces allégations.
Dans une note accompagnant les comptes, les administrateurs soulignent que « plusieurs procédures judiciaires potentielles pourraient être engagées contre An Coimisiún Le Rinci Gaelacha » (le nom officiel du CLRG). Un titulaire de droits a déjà initié une action en justice relative à la suspension d’un enregistrement en 2022. L’organisation redoute que d’autres réclamations ne surgissent en fonction de l’issue de cette première procédure.
« Suite à des discussions avec les avocats de la société, la société a estimé une sortie potentielle de 500 000 € pour dommages et frais juridiques », précise la note, tout en avertissant que le montant définitif sera fixé par les tribunaux. Les administrateurs ont également pris en compte une dizaine de cas supplémentaires potentiels lors de l’établissement de cette provision.
L’inquiétude est palpable quant à l’avenir. Les administrateurs préviennent qu’à l’avenir, ces frais juridiques « ne pourraient pas être couverts par les réserves de l’entreprise, ce qui aboutirait finalement à l’absence d’organisation pour gouverner notre belle forme d’art ». Autrement dit, si l’ensemble des poursuites judiciaires envisagées devaient se concrétiser, l’organisation pourrait se trouver dans l’incapacité de poursuivre ses activités.
Malgré ces sombres perspectives, les administrateurs affichent une confiance mesurée, déclarant qu’« une gestion financière continue et améliorée devrait garantir que l’organisation revienne à une position viable ». Avant la constitution de la provision pour frais juridiques, le CLRG affichait déjà un déficit de 217 796 € pour l’exercice clos le 11 septembre 2024.
Les mesures mises en œuvre par les administrateurs durant l’année 2024 ont permis de réduire les coûts et d’augmenter les revenus. L’organisation a notamment opté pour des réunions en ligne, réduisant ainsi considérablement les dépenses logistiques. Parallèlement, un effort a été consenti pour accroître la rentabilité des événements annuels majeurs. Ces changements semblent porter leurs fruits, puisque le nombre d’inscrits a augmenté, positionnant l’entreprise dans une situation commerciale plus solide pour 2025.
Les comptes révèlent également une subvention de 475 712 € reçue de Glasgow Life en 2024. Cette aide extérieure souligne l’impact financier du scandale sur le CLRG. Avant l’éclatement de l’affaire en 2022, l’organisation disposait de bénéfices s’élevant à 2,1 millions d’euros. Fin 2024, le déficit cumulé atteignait 370 364 €, marquant un recul de 2,47 millions d’euros en trois ans. Le déficit actionnarial s’élevait à 111 274 € à la fin de l’année dernière. La trésorerie a quant à elle chuté de 1,22 million d’euros à 326 381 € au cours de l’année 2024.
Dans un communiqué diffusé jeudi, le CLRG a réaffirmé sa détermination : « En continuant à organiser des réunions en ligne, l’entreprise a réalisé des économies significatives, tandis qu’une attention renouvelée portée à l’amélioration de la rentabilité de nos événements phares a donné de solides résultats ». L’organisation met également en avant une communication renforcée avec ses membres, garantissant une plus grande transparence financière. Le déficit net de 217 796 € pour 2024 est une amélioration par rapport aux 704 269 € de 2023. Les prévisions de trésorerie pour les douze prochains mois laissent entrevoir une amélioration substantielle de la situation financière.
« Nous sommes ravis de constater une augmentation du nombre d’enregistrements, reflétant un niveau de soutien international », ajoutent les administrateurs. Le CLRG réaffirme son engagement à « améliorer notre gestion financière et à garantir que nous pouvons gouverner cette forme d’art bien-aimée pendant de nombreuses années à venir ». Malgré ces efforts, Eoin O’Riordan, du cabinet d’experts-comptables Leahy O’Riordan, tempère l’optimisme dans son rapport : « Même si la société est dans une position commerciale plus forte que lors des périodes précédentes, l’impact des éventuelles poursuites judiciaires peut être significatif ». Il conclut que cette situation « indique l’existence d’une incertitude importante qui peut jeter un doute important sur la capacité de la société à poursuivre ses activités ».