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L’intelligence artificielle frappe à la porte de l’administration publique / Article

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Publié le 2024-02-29 14:35:00. L’intelligence artificielle (IA) s’invite progressivement dans les administrations européennes, malgré des freins importants liés à la protection des données, au manque de compétences et aux contraintes budgétaires. Si son adoption est perçue comme inévitable, elle soulève également des questions de sécurité et de cybersécurité.

  • L’administration publique européenne accuse un retard dans l’adoption de l’IA par rapport au secteur privé.
  • Les enjeux de confidentialité, de responsabilité et de transparence des données constituent des obstacles majeurs.
  • Des experts soulignent le potentiel de l’IA pour lutter contre la corruption, améliorer la transparence et optimiser les services publics.

La transformation numérique des administrations publiques européennes est en marche depuis plusieurs années, avec l’essor des solutions dites « GovTech » et le développement des plateformes et services en ligne. L’intelligence artificielle représente désormais l’étape suivante de cette évolution, promettant d’automatiser les tâches répétitives, d’analyser les données en profondeur et d’aider à la prise de décision.

Le ministre portugais des Réformes administratives, Gonzalo Matias, incarne cette volonté de modernisation. Il a déclaré à la radio portugaise Renascença :

« Il y a ici un aspect fondamental qui ne peut être séparé et qui est également lié au ministère que je dirige. Il s’agit de la lutte contre la bureaucratie. »

Gonzalo Matias, ministre portugais des Réformes administratives

Les bénéfices potentiels de l’IA sont multiples. Panayotis Karakatsulis, spécialiste de l’administration publique, met en avant sa capacité à améliorer la lutte contre la corruption et à accroître la transparence :

« Nous avons pu constater des améliorations significatives dans les principaux problèmes qui existent actuellement tant dans la société grecque que dans toute l’Europe et, je dirais, dans le monde entier, à savoir la lutte contre la corruption et l’augmentation de la transparence. »

Panayotis Karakatsulis, expert des questions d’administration publique

L’IA peut analyser de vastes ensembles de données, anticiper les risques, détecter les anomalies, automatiser la surveillance et signaler les écarts.

Ramón Rico Gómez, expert espagnol en cybersécurité, souligne l’importance de l’IA pour mieux comprendre les besoins des usagers et des institutions :

« L’intelligence artificielle est arrivée pour apporter beaucoup d’innovation, beaucoup d’opportunités d’amélioration, et surtout, pour nous aider à comprendre à plus grande échelle et un peu plus vite à la fois [publisko] intérêts des utilisateurs des services et de diverses institutions. En fin de compte, ce que l’intelligence artificielle ou les mécanismes automatisés nous permettent de faire, c’est de collecter les commentaires des utilisateurs et de traiter les données à grande échelle pour développer des solutions susceptibles d’améliorer différents domaines. »

Ramón Rico Gómez, expert espagnol en cybersécurité

L’IA peut également optimiser la gestion budgétaire, comme l’explique Pireta Hirva, responsable du centre de compétences de l’Académie estonienne de l’e-gouvernement :

« Par exemple, dans les services sociaux […] en analysant les besoins de services pour l’année suivante ou la période budgétaire précédente et, par conséquent, les ressources financières nécessaires. J’espère sincèrement – si cela se fait encore manuellement et dans des tableaux Excel – que cette époque sera bientôt révolue. Plus les algorithmes effectuent ces calculs avec précision, plus les décisions seront précises et plus les fonds seront ciblés pour ces services. »

Pireta Hirva, responsable du centre de compétences de l’Académie estonienne de l’e-gouvernement

Cependant, l’adoption de l’IA dans le secteur public se heurte à des obstacles importants. Les exigences strictes en matière de confidentialité, de responsabilité et de transparence des données, le manque de compétences, les limites des systèmes informatiques, la petitesse des bases de données, le manque de gestion stratégique et les budgets limités freinent son développement. De plus, les risques de cybersécurité suscitent des inquiétudes.

Récemment, le Parlement européen a même désactivé les fonctions d’IA sur ses appareils de travail, craignant des failles en matière de protection des données et de sécurité. Selon Politico, le service d’assistance technologique du Parlement a averti les législateurs que certains outils pouvaient envoyer des informations à des services cloud externes, sans garantir un contrôle total sur les données.

Cet incident illustre la tension entre l’innovation et la sécurité qui caractérise l’adoption de l’IA dans le secteur public. Si son potentiel est indéniable, sa mise en œuvre nécessite une approche prudente et une attention particulière aux enjeux de confidentialité et de cybersécurité.

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