Les autorités iraniennes ont réagi mardi aux récentes manifestations étudiantes qui se sont propagées sur les campus universitaires du pays, après une pause de plusieurs semaines. La porte-parole du gouvernement a souligné l’importance du respect de certaines « lignes rouges » tout en reconnaissant la légitimité de la colère exprimée par les étudiants.
Fatemeh Mohajerani a déclaré que les étudiants avaient « des blessures au cœur et ont vu des scènes qui peuvent les bouleverser et les mettre en colère ; cette colère est compréhensible ». Elle a toutefois ajouté que certaines limites ne devaient pas être franchies, citant notamment le respect du drapeau national et des « choses sacrées ».
« Les choses sacrées et le drapeau sont deux exemples de ces lignes rouges que nous devons protéger et ne pas franchir ni dévier, même au plus fort de la colère », a-t-elle précisé.
Les rassemblements, à la fois pro et anti-gouvernementaux, ont débuté samedi, marquant la reprise des cours dans les universités iraniennes. Ils font écho aux manifestations nationales qui ont éclaté en décembre, puis se sont intensifiées les 8 et 9 janvier, en raison des difficultés économiques et des sanctions internationales.
Selon l’agence américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7 000 personnes auraient perdu la vie lors de la répression des manifestations de janvier, un chiffre que l’agence estime probablement sous-évalué. Le gouvernement iranien reconnaît, quant à lui, plus de 3 000 décès, imputant la violence à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël.
À ce stade, une mission d’enquête a été lancée pour déterminer « les causes et les facteurs » qui ont conduit aux manifestations, a indiqué Mohajerani, précisant qu’un rapport sera publié ultérieurement.