Téhéran réaffirme sa position face aux pressions américaines alors que la menace de frappes militaires plane sur le programme nucléaire iranien. Le président iranien Masoud Pezeshkian a juré de ne pas céder, au moment où les négociations indirectes avec les États-Unis patinent.
À retenir
- Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré que l’Iran ne céderait pas aux pressions des États-Unis concernant son programme nucléaire.
- Donald Trump envisage des frappes militaires limitées contre l’Iran si un accord n’est pas trouvé rapidement.
- Les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, qui se sont tenues à Oman et en Suisse, n’ont pas permis de percée.
Contexte
Les tensions dans le Golfe sont vives, les États-Unis renforçant leur présence militaire avec le déploiement de deux porte-avions et de dizaines d’avions de combat. Cette escalade intervient après que le président américain Donald Trump a menacé de recourir à la force si Téhéran ne parvient pas à un accord sur son programme nucléaire dans les prochaines semaines. Trump a évoqué un délai d’environ 10 à 15 jours pour parvenir à une entente.
Les négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis, qui ont repris début février 2026, se sont heurtées à un blocage. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a toutefois estimé vendredi qu’une solution diplomatique restait à portée de main, et que son pays prévoyait de finaliser un projet d’accord dans les « deux à trois prochains jours » pour le soumettre à Washington.
L’Iran et les États-Unis avaient déjà entamé des négociations nucléaires l’année précédente, mais celles-ci avaient été interrompues suite à des attaques israéliennes contre des sites iraniens, déclenchant une guerre de 12 jours. Les États-Unis avaient alors participé à des bombardements de trois installations nucléaires iraniennes à Fordow, Natanz et Ispahan.
Ce qui change
La situation actuelle suscite des inquiétudes quant à un possible conflit régional. Plusieurs pays, dont la Suède, la Serbie, la Pologne et l’Australie, ont conseillé à leurs citoyens de quitter l’Iran. L’Iran a averti qu’une agression américaine se verrait répondre par une riposte « décisive et proportionnée », et a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour les exportations pétrolières des pays du Golfe.
Selon des sources américaines, la puissance aérienne déployée par Washington dans la région est la plus importante depuis l’invasion de l’Irak en 2003, avec plus de 120 avions déployés et l’USS Gerald R. Ford en route pour rejoindre le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln déjà positionné en mer d’Oman.
Prochaines étapes
Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si une solution diplomatique peut être trouvée. Les négociations se poursuivent, mais la menace de frappes militaires américaines plane. Il faudra surveiller de près les réactions de Téhéran aux nouvelles menaces de Trump et l’évolution de la situation sécuritaire dans le Golfe.
« Nous ne céderons devant aucune de ces difficultés », a déclaré Pezeshkian lors d’une cérémonie en l’honneur des membres de l’équipe paralympique iranienne. « Les puissances mondiales s’alignent avec lâcheté pour nous forcer à baisser la tête. Tout comme vous ne vous êtes pas inclinés face aux difficultés, nous ne nous inclinerons pas face à ces problèmes », a-t-il ajouté.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Délai donné par Trump pour un accord | 10 à 15 jours |
| Nombre d’avions déployés par les États-Unis | Plus de 120 |
Sources
Al Jazeera Staff and News Agencies. « Iran will not bow down to US pressure in nuclear talks, Pezeshkian says ». Al Jazeera, 22 février 2026.