Publié le 2024-03-07 10:00:00. Lloyds Banking Group augmente de 800 millions de livres sterling sa provision pour litiges liés au financement automobile, portant le total à près de 2 milliards de livres. Cette décision intervient alors que la Financial Conduct Authority (FCA) finalise son projet de système d’indemnisation pour les millions de conducteurs concernés par des pratiques commerciales déloyales.
- Près de 2 milliards de livres sterling : le coût total estimé pour Lloyds Banking Group dans l’affaire des commissions cachées sur le financement automobile.
- 800 millions de livres sterling supplémentaires : le montant mis de côté par la banque, révisant à la hausse ses provisions initiales.
- 14 millions de transactions potentiellement concernées : selon la FCA, un grand nombre d’acheteurs de voitures pourraient avoir droit à une indemnisation.
Des sommes considérables sont en jeu dans le scandale du financement automobile, où des commissions opaques auraient été dissimulées entre 2007 et 2024. La Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier britannique, a récemment dévoilé les détails de son dispositif de compensation. Ce dernier pourrait amener les prêteurs à débourser un total estimé à 8,2 milliards de livres sterling pour couvrir environ 14 millions de transactions jugées déloyales, dont la valeur moyenne de remboursement s’élèverait à 700 livres chacune.
Les remboursements concerneront des accords de commission passés entre prêteurs et concessionnaires, des contrats jugés inéquitables et des informations erronées fournies aux acquéreurs. Dans ce contexte, Lloyds Banking Group a annoncé, dans un communiqué, avoir constitué une provision supplémentaire de 800 millions de livres sterling. La banque justifie cette augmentation par « la probabilité accrue qu’un nombre plus élevé de cas historiques… soient éligibles à réparation ». Sa meilleure estimation actuelle du coût total de ces indemnisations s’élève désormais à 1,95 milliard de livres sterling.
Le dispositif proposé par la FCA, qui se veut d’accès gratuit pour les consommateurs, rappelle le scandale des assurances sur les paiements (PPI – Payment Protection Insurance). Ce précédent avait coûté 22 milliards de livres sterling à Lloyds. Cependant, les intérêts perçus par les consommateurs dans le cadre de ce nouveau système devraient être inférieurs à ceux versés lors du scandale du PPI. La FCA estime que 44 % des financements automobiles conclus depuis 2007 pourraient être concernés, bien qu’un arrêt de la Cour suprême en août ait eu pour effet de restreindre le champ d’application de certaines affaires.
La FCA recommande aux consommateurs souhaitant déposer une réclamation de contacter directement leur prêteur ou leur courtier, et met à disposition des conseils pratiques sur la manière de procéder sur son site : comment déposer une réclamation.
Toutefois, la Finance and Leasing Association, représentant le secteur du crédit, critique le projet de la FCA, estimant que celle-ci « surcompense » les plaignants. Lloyds Banking Group, de son côté, a exprimé des doutes quant à la pertinence des calculs du régulateur, suggérant que les montants réclamés pourraient excéder la perte réelle subie par les clients. La banque estime que les clients pourraient ainsi récupérer plus que la commission initialement perçue.
Dans ce cadre, les propriétaires de voitures éligibles recevraient une somme correspondant à la moyenne de ce qu’ils estiment avoir payé en trop, incluant la commission versée et les intérêts. D’autres établissements financiers, comme Close Brothers, fortement exposés à ce type d’indemnisations, envisagent également de renforcer leurs provisions. Close Brothers a ainsi indiqué, dans un communiqué, qu’une première évaluation suggérait la nécessité d’augmenter sa provision actuelle de 165 millions de livres sterling, tout en soulignant les incertitudes restantes quant aux exigences définitives.
Des associations de consommateurs appellent les prêteurs à ne pas s’opposer aux plans d’indemnisation de la FCA, afin d’éviter des retards supplémentaires et de clore rapidement ce dossier. Cependant, certains analystes, comme Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, estiment que la position de Lloyds Banking Group témoigne d’une insatisfaction quant à la méthode de calcul proposée, laissant présager que la saga n’est pas encore terminée.