Home International L’Occident est incapable d’influencer la guerre civile qui dure depuis cinq ans au Myanmar ; La Russie et la Chine se précipitent pour récolter les bénéfices / Article

L’Occident est incapable d’influencer la guerre civile qui dure depuis cinq ans au Myanmar ; La Russie et la Chine se précipitent pour récolter les bénéfices / Article

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Publié le 8 février 2026 11h47. Cinq ans après le coup d’État militaire, le Myanmar est plongé dans une guerre civile dévastatrice qui a fait plus de 92 000 morts et laissé près d’un tiers de sa population dans le besoin. Malgré les sanctions occidentales, la Russie et la Chine continuent d’exercer une influence grandissante sur le pays, tirant profit de l’instabilité.

  • Plus de 92 000 personnes ont perdu la vie depuis le coup d’État de février 2021.
  • Près de 16 millions de personnes, soit environ un tiers de la population, ont besoin d’une aide humanitaire urgente.
  • La Chine et la Russie maintiennent des liens économiques et politiques étroits avec le régime militaire, contribuant à sa pérennité.

Le 1er février 2021, l’armée birmane a renversé le gouvernement civil, arrêtant les dirigeants élus, coupant les communications et décrétant l’état d’urgence. Sous prétexte de fraudes électorales lors des élections de 2020 – contestées par les observateurs internationaux – les militaires ont pris le pouvoir par la force. Cette action a déclenché une vague de protestations massives à travers le pays.

En quelques jours, des millions de citoyens, des fonctionnaires aux étudiants en passant par les médecins et les enseignants, se sont joints à un mouvement de désobéissance civile sans précédent. La répression brutale des manifestations a rapidement transformé la contestation pacifique en une résistance armée, plongeant le Myanmar dans une guerre civile complexe et fragmentée.

Aujourd’hui, le Myanmar est le théâtre d’un conflit aux multiples facettes. Selon les derniers rapports, plus de 92 000 personnes ont été tuées depuis le coup d’État. Environ 3,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, portant le nombre total de personnes forcées de quitter leur foyer à plus de quatre millions. Parallèlement, près de 16 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population, ont un besoin urgent d’aide humanitaire, notamment en nourriture, en abri et en soins médicaux.

Des estimations suggèrent que l’armée ne contrôle plus qu’environ 20 % du territoire, tandis que les forces de résistance et les groupes armés ethniques dominent de vastes zones rurales et frontalières.

Malgré cette situation chaotique, le gouvernement militaire tente de consolider son pouvoir en organisant des élections nationales prévues fin 2025 et début 2026. Cependant, ces élections sont largement contestées, de nombreux partis d’opposition étant exclus de la compétition, des milliers de prisonniers politiques restant incarcérés et le taux de participation n’atteignant que 55 %, bien en deçà des scrutins démocratiques précédents. Les partis soutenus par l’armée ont obtenu une majorité écrasante au Parlement, renforçant leur emprise sur le pouvoir.

Cinq ans après le coup d’État, le Myanmar est donc confronté à un paradoxe : des élections sans stabilité, un gouvernement sans légitimité. La communauté internationale, bien consciente de la situation, peine à agir efficacement.

Les pays occidentaux ont réagi au coup d’État en imposant des sanctions, en exerçant une pression diplomatique et en fournissant une aide humanitaire. Cependant, ces mesures se sont avérées insuffisantes pour endiguer la violence. L’armée birmane continue de recevoir des approvisionnements essentiels en armement, malgré les sanctions.

« En 2025, plus de 109 000 tonnes de carburant d’aviation ont été importées au Myanmar. L’année dernière est devenue l’année de frappes aériennes la plus meurtrière depuis le coup d’État. »

Source non spécifiée dans le texte original

Les frappes aériennes, même avec des moyens limités, se poursuivent, avec plus de 300 attaques de paramoteurs et d’avions légers contre des civils enregistrées depuis fin 2024. L’efficacité des sanctions occidentales est limitée par le fait que le Myanmar n’est pas profondément intégré aux chaînes d’approvisionnement économiques occidentales et ne constitue ni un centre manufacturier majeur ni un exportateur d’énergie important pour l’Occident.

Malgré l’ampleur de la crise, les considérations de politique mondiale, notamment l’interdépendance économique et l’importance stratégique des pays, entravent une action plus décisive. Les décisions et les actions des pays occidentaux, bien que louables, ne suffisent pas à mettre fin à la guerre civile au Myanmar.

Dans ce contexte, la Chine et la Russie jouent un rôle crucial. Si de nombreux pays cherchent à mettre fin au conflit, certains contribuent à le perpétuer.

Les relations entre la Chine et le Myanmar sont profondes et structurelles. Pékin est le principal partenaire commercial et l’un des principaux investisseurs du Myanmar. En 2025, le Myanmar a exporté vers la Chine pour environ 620 millions de dollars de métaux des terres rares, des matériaux essentiels à l’électronique, aux énergies renouvelables et à l’industrie moderne. La Chine est également impliquée dans des projets d’infrastructure, tels que la construction de corridors de transport, de pipelines et de projets énergétiques.

En retour, le Myanmar offre à la Chine un accès à l’océan Indien et contribue à diversifier ses routes commerciales. Pékin joue également un rôle de médiateur politique, organisant des pourparlers entre l’armée birmane et certains groupes armés ethniques. La Chine exerce des pressions sur le Myanmar uniquement lorsque la criminalité transfrontalière menace ses intérêts. Elle ne souhaite pas une guerre, mais en tire profit, car l’instabilité accroît la dépendance économique et politique du Myanmar à l’égard de Pékin.

La Russie, bien que moins impliquée économiquement que la Chine, se concentre sur des secteurs stratégiques, notamment l’exploration pétrolière et gazière, la production d’électricité et la coopération industrielle. Elle est également l’un des principaux fournisseurs d’équipements militaires du Myanmar, fournissant des avions et des hélicoptères qui permettent à l’armée birmane de maintenir ses capacités opérationnelles.

« La Russie est l’un des principaux fournisseurs d’équipements militaires du Myanmar. Les avions et hélicoptères qu’elle fournit aident l’armée birmane à maintenir ses capacités opérationnelles. »

Source non spécifiée dans le texte original

Pour la Russie, cette relation est à la fois géopolitique et économique. Ni la Russie ni la Chine n’ont déclenché la guerre civile au Myanmar, mais elles sont disposées à coopérer avec le gouvernement actuel, sans se soucier de la légitimité future d’un éventuel régime.

La guerre civile au Myanmar est une crise complexe qui dépasse les frontières nationales, entraînant des flux de réfugiés, le développement de réseaux criminels (notamment dans le trafic de drogue) et une instabilité économique régionale. L’Organisation de coopération économique de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a eu du mal à influencer la situation, mettant en péril la coopération régionale et la stabilité de l’Asie du Sud-Est.

La situation au Myanmar illustre les difficultés de la communauté internationale à intervenir dans les conflits qui ne menacent pas directement les intérêts stratégiques des grandes puissances. Sans un changement significatif dans l’approche internationale, le conflit risque de perdurer et de devenir une source d’instabilité à long terme dans toute la région.

Le rubis de Mogok : un trésor convoité malgré le chaos

Historiquement, la région de Mogok, au centre du Myanmar, est réputée pour produire les rubis de la plus haute qualité au monde. Cette région, souvent appelée la « Ruby Valley », possède des caractéristiques géologiques uniques qui favorisent la formation de rubis d’une couleur exceptionnelle, connue sous le nom de « rouge sang de pigeon » – un rouge profond et intense avec une légère lueur intérieure.

Cette couleur particulière est due à la présence de chrome dans la pierre, ainsi qu’à une fluorescence naturelle qui lui confère un aspect presque « vivant » sous certains éclairages. Les rubis de Mogok se distinguent également par leur taille, souvent plus importante que celle des rubis d’autres régions du monde. Ces caractéristiques font des rubis de Mogok des pierres précieuses extrêmement rares et précieuses, pouvant atteindre des centaines de milliers de dollars américains par carat lors de ventes aux enchères.

« Certaines pierres historiques ont dépassé le million de dollars par carat, ce qui en fait l’une des pierres précieuses colorées les plus chères au monde. »

Source non spécifiée dans le texte original

Pendant des siècles, le Myanmar a été une source importante de rubis de haute qualité. Les rois birmans considéraient ces pierres comme des symboles de pouvoir et de protection, et les guerriers les portaient parfois sous la peau, croyant qu’elles les rendraient invulnérables. Aujourd’hui, l’industrie du rubis reste un secteur économique important pour le Myanmar, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, bien que les chiffres exacts soient difficiles à déterminer en raison de l’exploitation minière informelle et de la contrebande.

La Chine est l’un des principaux acheteurs de rubis birmans, et les tendances du marché des produits de luxe sont souvent influencées par la géopolitique.

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