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L’OCDE aux Philippines : entreprendre des réformes fiscales plus audacieuses

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Publié le 13 février 2026 à 17h00. Les Philippines doivent renforcer leurs efforts de collecte de recettes publiques et mener des réformes fiscales ambitieuses pour stabiliser leur dette nationale, face à une augmentation des dépenses et à un contexte économique incertain, selon les recommandations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

  • L’OCDE souligne la nécessité d’améliorer l’efficacité de la collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
  • Des réformes des incitations fiscales aux entreprises sont également préconisées, privilégiant des mesures basées sur les investissements plutôt que sur des exonérations fiscales.
  • Le pays vise à réduire son déficit budgétaire à 4,3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2028 et à 3,1 % d’ici 2030.

La gestion budgétaire des Philippines, bien que solide avant la pandémie de Covid-19, a été fragilisée par les dépenses liées à la crise sanitaire et une baisse des recettes fiscales. En 2024, le déficit budgétaire a atteint 5,7 % du PIB, tandis que la dette publique a grimpé à environ 60 % du PIB, selon le rapport de l’OCDE. Pour éviter une détérioration de la situation financière, l’organisation insiste sur l’importance d’une consolidation budgétaire rapide et d’une augmentation des recettes publiques.

Selon les simulations de l’OCDE, ramener le déficit budgétaire à 4,3 % d’ici 2028 permettrait de stabiliser la dette publique autour de 57 % du PIB en 2040. Pour y parvenir, l’organisation recommande de se concentrer sur l’amélioration de la collecte de la TVA, qui représente actuellement environ 8 % du PIB, un chiffre inférieur à la moyenne de l’OCDE.

L’OCDE pointe du doigt un taux de recouvrement de la TVA particulièrement faible aux Philippines, estimé à seulement 45 % des recettes potentielles – l’un des plus bas d’Asie du Sud-Est. L’organisation estime qu’une amélioration de ce taux pourrait générer des recettes supplémentaires équivalentes à 6,5 % du PIB. Elle préconise notamment de limiter les exonérations de TVA, en particulier celles accordées aux soins de santé privés, à l’éducation et aux personnes âgées, jugeant ces dernières mal ciblées.

« La suppression progressive des exonérations de TVA pour les soins de santé privés, l’éducation et les personnes âgées, combinée à des transferts sociaux ciblés, permettrait d’augmenter les recettes tout en améliorant l’efficacité et l’équité du système d’impôts et de prestations sociales. »

OCDE

L’OCDE souligne que les exonérations actuelles bénéficient de manière disproportionnée aux ménages à revenus moyens et élevés. Elle propose de les remplacer par des transferts sociaux ciblés, tels que des allocations de santé conditionnelles ou des bourses pour les étudiants issus de milieux modestes.

Par ailleurs, l’organisation recommande de revoir le seuil d’immatriculation à la TVA, actuellement fixé à environ 50 000 dollars, qu’elle juge trop élevé par rapport aux normes internationales et susceptible de fausser les chaînes d’approvisionnement.

En ce qui concerne les incitations fiscales aux entreprises, l’OCDE critique le système actuel, basé principalement sur des exonérations fiscales. Elle estime que ces exonérations sont souvent trop généreuses et ne stimulent pas nécessairement de nouveaux investissements. Elle préconise une transition vers des incitations basées sur les dépenses, telles que l’amortissement accéléré et les crédits d’impôt pour l’investissement, considérées comme plus efficaces pour encourager l’investissement.

Le programme de politiques proposé par l’OCDE vise à réaliser un assainissement budgétaire de 1,4 % du PIB, en cohérence avec l’objectif à moyen terme des Philippines de réduire le déficit budgétaire à 4,3 % d’ici 2028. Les mesures fiscales, notamment l’amélioration de la collecte de la TVA, la rationalisation des incitations fiscales aux entreprises et la mise en place d’un système d’échange de droits d’émission, permettraient d’augmenter les recettes d’environ 1,7 % du PIB.

L’OCDE insiste sur la nécessité de mobiliser davantage de recettes publiques pour faire face aux pressions croissantes en matière de dépenses liées aux infrastructures, à l’éducation, aux programmes sociaux et à la transition climatique, tout en maintenant une gestion budgétaire prudente.

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