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L’OMS ralentit le rythme de sa stratégie de santé autochtone pour garantir un consentement « significatif »

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Publié le 6 février 2026 à 20h03. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reporté d’un an l’adoption d’un plan mondial pour améliorer la santé des populations autochtones, afin de garantir une consultation plus large et inclusive, notamment en tenant compte des fractures numériques et des sensibilités culturelles.

  • L’OMS a repoussé l’examen final du plan d’action jusqu’en mai 2027.
  • Plusieurs États membres, dont la République centrafricaine et le Brésil, ont plaidé pour des consultations plus approfondies et adaptées aux réalités locales.
  • L’Indonésie a exprimé des réserves quant à l’application du terme « autochtone » dans son contexte national.

La décision de ralentir le processus a été prise lors d’une réunion du Conseil exécutif de l’OMS. Le projet de stratégie visait à réduire les inégalités de santé auxquelles sont confrontées de nombreuses communautés autochtones, en se concentrant sur l’accès aux soins, la reconnaissance des savoirs traditionnels et la résilience face au changement climatique.

Selon plusieurs délégations, il est essentiel de garantir le « consentement libre, préalable et éclairé » des populations concernées avant d’adopter une politique qui les affecte directement. Le délégué de la République centrafricaine, parlant au nom des 47 États membres de la région africaine, a souligné que « le renforcement des mécanismes de consultation adaptés aux réalités culturelles et linguistiques reste vital pour garantir une participation efficace ».

La délégation brésilienne a mis en garde contre l’exclusion potentielle des voix autochtones si les consultations se limitaient au numérique. Elle a exprimé ses préoccupations concernant les « limites des consultations menées exclusivement en ligne », arguant que la fracture numérique pourrait empêcher certaines communautés de participer pleinement au processus.

« Ne pas protéger la santé de manière holistique peut avoir de graves conséquences », a déclaré le représentant de Médecins sans frontières (MSF), appelant à un plan qui respecte « les médecines traditionnelles et les connaissances encourageant le dialogue avec les guérisseurs traditionnels ».

Représentant de Médecins sans frontières (MSF)

L’Indonésie a soulevé une question plus fondamentale, contestant l’applicabilité du terme « autochtone » dans son contexte national. Le pays, riche de plus de 1 300 groupes ethniques, a expliqué que ce concept ne correspondait pas à sa réalité démographique complexe, forgée par des siècles de colonisation et de migrations. L’Indonésie avait déjà voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) en 2007, mais avec une réserve formelle limitant son application sur son territoire.

« Il n’existe pas de définition fixe des peuples autochtones et ce concept n’est pas applicable dans notre contexte national », a déclaré le délégué indonésien au Conseil exécutif.

Délégué indonésien au Conseil exécutif

Ce débat souligne les défis auxquels l’OMS est confrontée pour élaborer une stratégie mondiale qui protège les communautés les plus vulnérables, tout en tenant compte des intérêts économiques et politiques en jeu. Les conflits liés aux terres, notamment en Indonésie où la déforestation massive liée à l’industrie de l’huile de palme menace les communautés locales, et en Amazonie, où l’exploitation pétrolière et gazière a des conséquences désastreuses sur la santé des populations, illustrent l’urgence d’une approche inclusive et respectueuse des droits des peuples autochtones. La perte de sources de nourriture et de biodiversité, la contamination des cours d’eau et le torchage des gaz sont autant de menaces qui pèsent sur ces communautés.

Crédits images : Félix Sassmannshausen.

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