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L’ONU annule les sanctions contre les dirigeants syriens avant la réunion de Trump

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La Syrie sort de l’isolement : le Conseil de sécurité de l’ONU lève les sanctions contre des figures clés du gouvernement par intérim

Un revirement majeur dans la scène politique syrienne : le Conseil de sécurité des Nations unies a voté jeudi la levée des sanctions antiterroristes ciblant le président par intérim syrien, Ahmed al-Sharaa, et le ministre de l’Intérieur, Anas Khattab. Cette décision, parrainée par les États-Unis, marque une reconnaissance officielle des transformations survenues dans le pays depuis la destitution de Bachar al-Assad début décembre 2024.

Adoptée par 14 voix pour et une abstention de la Chine, la résolution retire Ahmed al-Sharaa, anciennement connu sous le nom de Mohammed al-Jolani et à la tête du groupe politique et militaire Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ainsi que le ministre de l’Intérieur Anas Khattab, des listes de sanctions visant les associés de l’État islamique (EI) et d’Al-Qaïda. Désormais, ces deux figures ne seront plus soumises au gel de leurs avoirs ni aux interdictions de voyager, des mesures imposées en 2014 lorsque le HTS avait été désigné organisation terroriste par l’ONU.

Cette évolution diplomatique intervient à la veille d’une rencontre prévue entre Ahmed al-Sharaa et le président américain Donald Trump à Washington la semaine prochaine, un rendez-vous qui souligne le poids de ce changement de cap. Ces derniers mois ont été marqués par une série de gestes d’ouverture : en mai, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne avaient déjà levé des mesures pesant sur la Syrie, représentant environ 15 milliards de dollars, qui restreignaient les transferts d’actifs et le commerce. Les États-Unis avaient ensuite retiré la désignation du HTS comme organisation terroriste étrangère en juillet, suivis par le Royaume-Uni en octobre.

La résolution onusienne salue ainsi les engagements du gouvernement syrien par intérim en matière d’accès humanitaire sans entrave, de lutte contre le terrorisme, y compris contre l’EI et Al-Qaïda, et de respect des droits de l’homme. L’ambassadeur américain Mike Waltz a qualifié cette décision de « signal politique fort », symbolisant l’entrée de la Syrie dans une nouvelle ère. Il a souligné que le gouvernement syrien s’efforce de remplir ses engagements, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants, l’élimination des armes chimiques restantes, la promotion de la sécurité et de la stabilité régionales, ainsi que l’avancement d’un processus politique inclusif, mené par les Syriens eux-mêmes.

Du côté syrien, l’ambassadeur Ibrahim Abdulmalik Olabi a salué cette résolution, la considérant comme une marque de confiance accrue envers la nouvelle Syrie, son peuple et ses dirigeants. « Nous considérons cette résolution comme le signe d’une confiance croissante dans la nouvelle Syrie, son peuple et ses dirigeants », a-t-il déclaré, la qualifiant d’« insigne d’honneur ».

Il est à noter que le Conseil de sécurité avait déjà approuvé à plusieurs reprises des exemptions de voyage pour Ahmed al-Sharaa au cours de l’année écoulée, rendant sa prochaine rencontre à la Maison Blanche avec Donald Trump indépendante du vote de jeudi.

Le parcours d’Ahmed al-Sharaa est complexe. D’après un rapport du Congrès américain de septembre, il aurait rejoint en 2005 l’organisation qui deviendra Al-Qaïda en Irak (AQI), dirigeant selon d’anciens responsables du renseignement américain une cellule de cette organisation. Arrêté par les forces américaines en Irak vers 2005, il a été détenu à Camp Bucca avant d’être libéré en 2010 ou 2011. De retour en Syrie, il a participé à la fondation du Front al-Nosra (la branche syrienne d’Al-Qaïda) début 2012. Il a ensuite rompu les liens formels de son groupe avec Al-Qaïda en 2016, supervisant sa transformation en HTS en 2017.

Les raisons ayant motivé ces levées de sanctions ont été détaillées dans un rapport du Parlement européen en février. Ce rapport mettait en lumière les efforts internes du HTS pour assurer la continuité de la gouvernance et prévenir l’anarchie, notamment par la collaboration avec d’anciens responsables du régime pour préserver les institutions étatiques et par des démarches visant à désarmer et intégrer les différents groupes armés au sein des forces de sécurité.

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