Publié le 2025-11-08 07:03:00. Face à un environnement sécuritaire européen de plus en plus tendu, l’Irlande se prépare à assurer sa présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) en juillet prochain. Dublin envisage de solliciter une assistance accrue de ses partenaires européens pour renforcer sa sécurité, y compris la possible présence d’un navire de guerre pour la défense aérienne de la capitale.
- L’Irlande étudie la demande d’aide sécuritaire européenne pour sa prochaine présidence de l’UE.
- L’acquisition d’un système anti-drone et d’armes courtes pour les forces de l’ordre est en cours d’accélération.
- Une frégate française, la Bretagne, effectuera une visite de courtoisie à Dublin ce mois-ci, équipée de missiles anti-aériens.
L’année prochaine, l’Irlande accueillera plus de 20 réunions de haut niveau rassemblant des chefs d’État et des ministres européens. Cette organisation se déroulera dans un contexte sécuritaire international préoccupant, marqué notamment par des incidents liés à des drones lors de la récente présidence danoise de l’UE, où une activité illégale a été signalée. En réponse, le gouvernement irlandais a déjà validé l’achat accéléré d’un système anti-drone d’une valeur de plusieurs millions d’euros.
Parallèlement, les forces de police irlandaises (Gardaí) se dotent également d’armes anti-drones à courte portée et échangent avec la police néerlandaise sur l’utilisation de tels dispositifs. Une équipe des Gardaí a été dépêchée au siège de l’UE à Bruxelles pour coordonner les questions de sécurité, tandis que des officiers irlandais ont également étudié les mesures de sécurité mises en place à Copenhague.
Le Vice-Premier ministre et Ministre de la Défense, Simon Harris, aurait donné son feu vert pour la livraison rapide d’un système de suivi et d’interception de drones. Selon les plans actuels, une batterie anti-drones serait déployée sur la base aérienne de Baldonnel, à l’ouest de Dublin. Ce système vise à sécuriser l’espace aérien autour de l’aéroport militaire afin de garantir la sécurité des arrivées des dirigeants européens. Il s’inscrira dans le cadre d’un projet d’acquisition d’un système radar militaire plus vaste, dont l’achat est imminent.
L’importance de la sécurité a été soulignée par les perturbations causées par des drones dans des aéroports et installations à travers l’Europe. Lors de la présidence danoise, la France et l’Allemagne avaient dépêché des équipes anti-drones, incluant un navire de guerre allemand, à Copenhague pour contrer l’augmentation des vols de drones illégaux, attribués par le Danemark à des acteurs russes.
Simon Harris a confirmé, jeudi dernier, que les préparatifs pour la présidence irlandaise étaient en bonne voie. Il a indiqué qu’une « livraison précoce et progressive des éléments du programme radar militaire en 2026 pourrait faire partie de ces préparatifs ». Il a précisé qu’un « objectif clé, et un premier objectif clé du programme, devrait être notre capacité de lutte contre les systèmes aériens sans pilote ».
Le coût total du projet de radar militaire est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Au total, le secteur de la défense bénéficiera d’un financement d’investissement de 300 millions d’euros l’année prochaine, dans le cadre du plan de développement national révisé. La présidence irlandaise de l’UE dans son ensemble devrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros, avec un budget dédié compris entre 165 et 185 millions d’euros. 15 millions d’euros supplémentaires sont prévus pour les réunions de la Communauté politique européenne, qui devraient rassembler près de 47 chefs d’État à Dublin. Ces chiffres n’incluent cependant pas les dépenses liées à la sécurité, pour lesquelles le ministère de la Justice devra également rechercher des fonds substantiels pour les Gardaí.