L’or s’impose comme valeur refuge ultime face à une économie sous tension
Dans un contexte de marchés financiers marqués par une forte volatilité et des tensions commerciales croissantes, l’or a démontré sa résilience en s’affirmant comme un actif de choix, atteignant de nouveaux sommets historiques. Tandis que d’autres valeurs refuges traditionnelles peinent à convaincre, le métal jaune confirme son rôle de bouclier contre l’incertitude économique, dans un paysage américain jugé de plus en plus fragile et spéculatif.
La semaine dernière a été particulièrement animée sur les marchés monétaires, comme l’a souligné Mike Maharrey dans son émission « Mid-Week Memo ». L’or, après avoir débuté la semaine juste en dessous de 3 040 dollars l’once, a connu une brève chute sous les 3 000 dollars, touchant un plancher à 2 950 dollars lors des turbulences de lundi. Cependant, le métal précieux a opéré un redressement spectaculaire, dépassant les 3 300 dollars en fin de semaine pour finalement inscrire un record absolu à 3 323 dollars l’once. Cette remontée rapide, survenue en dépit d’une panique générale, témoigne de la solidité de l’or en tant que réserve de valeur, selon Maharrey. Si la baisse initiale n’a guère surpris les analystes – souvent attribuée à des ventes d’urgence pour couvrir d’autres pertes – la vigueur du rebond et le dépassement des précédents records ont marqué les esprits.
Les valeurs refuges traditionnelles sous pression
Pendant que l’or brillait, d’autres valeurs refuges ont affiché des performances moins convaincantes. Les obligations du Trésor américain ont bien connu un regain d’intérêt en début de semaine, ramenant le rendement à 10 ans sous les 4 %. Mais cet élan fut de courte durée : vendredi, le taux a grimpé à 4,49 %, un niveau inédit depuis février. Cette inversion souligne une demande déclinante pour la dette américaine, alors même que le gouvernement fédéral maintient une forte dépendance à l’emprunt.
Parallèlement, le dollar américain a subi une correction, tombant à 99,78, son point le plus bas depuis avril 2022. Ces mouvements sont jugés anormaux lors d’une correction boursière classique, où les obligations et le dollar attirent habituellement les capitaux. Ces évolutions pourraient traduire une inquiétude croissante quant à la viabilité à long terme du dollar et de la dette américaine comme actifs de confiance.
L’argent suit l’or, malgré une volatilité persistante
Le marché de l’argent a également connu une semaine positive, bien qu’il demeure plus volatil en raison de sa forte composante industrielle. Le ratio or/argent a brièvement cédé sous la barre des 100 : 1, suggérant que l’argent reste historiquement sous-évalué. Mike Maharrey a rappelé que si l’argent tend à suivre l’or lors d’une tendance haussière, il a souvent tendance à le surpasser plus tard dans le cycle. Son lien étroit avec l’économie globale le rend plus sensible aux frictions commerciales et aux craintes de récession. Malgré cette instabilité, son statut de métal monétaire demeure intact, et Maharrey anticipe qu’il suivra la trajectoire de l’or à terme.
Les tensions commerciales, un catalyseur d’instabilité économique
Mike Maharrey a consacré une partie importante de son analyse aux répercussions des droits de douane et des tensions commerciales. L’annonce de nouvelles taxes réciproques la semaine dernière a provoqué une réaction immédiate des marchés, tempérée seulement par un sursis de 90 jours en fin de semaine. Le marché reste néanmoins fébrile, notamment en raison de ce que Maharrey nomme « l’incertitude de régime » : un climat où entreprises et investisseurs doutent de l’orientation politique future. Cette incertitude, estime-t-il, est particulièrement dommageable pour une économie déjà fragilisée, construite sur une dette insoutenable et des actifs surévalués. Les droits de douane, loin d’être la cause première des maux, pourraient agir comme un levier accélérant l’éclatement d’une bulle spéculative déjà tendue.
L’économie en bulle, une réalité désormais palpable
Un thème central de l’émission a été la reconnaissance – y compris par des médias majeurs comme Reuters – que les États-Unis évoluent dans une économie en bulle. Maharrey a cité un article de Reuters intitulé « Il n’y a pas de sortie facile à la bulle économique américaine », décrivant un système où les prix des actifs sont déconnectés des fondamentaux, où le comportement des entreprises est dicté par l’ingénierie financière et où la dette soutient la croissance plutôt que l’investissement productif. L’article souligne également la double contribution des secteurs de la finance et de l’assurance au PIB depuis 1945, tandis que l’industrie manufacturière a vu sa part divisée par deux. Cette bulle, martèle Maharrey, est intrinsèquement fragile et insoutenable, particulièrement dans un contexte d’endettement croissant.
L’endettement, un fardeau historique
La discussion s’est ensuite focalisée sur l’ampleur du problème de la dette américaine. L’endettement combiné des gouvernements, des entreprises et des ménages dépasse désormais 100 000 milliards de dollars (plus de 92 000 milliards d’euros), soit plus de trois fois le revenu national des États-Unis. Les ménages américains sont accablés par des dettes de cartes de crédit records, avec des taux d’intérêt moyens excédant 28 %. Le gouvernement fédéral, quant à lui, enregistre des déficits abyssal. Le premier semestre de l’exercice fiscal 2025 affiche un déficit de 1 310 milliards de dollars (environ 1 200 milliards d’euros), se plaçant juste derrière le déficit de 1 700 milliards de dollars (environ 1 560 milliards d’euros) du premier semestre 2021, au pic de la crise du COVID-19. Contrairement aux affirmations de contrôle des dépenses, celles-ci ont augmenté de 139 milliards de dollars (environ 128 milliards d’euros) au premier trimestre 2025, tandis que les emprunts ont progressé de 41 milliards de dollars (environ 38 milliards d’euros) par rapport à l’année précédente.
La Réserve fédérale, architecte de la bulle ?
Mike Maharrey attribue la source principale de cette bulle économique non pas aux droits de douane ou à la politique commerciale, mais à la Réserve fédérale (Fed). Depuis la crise financière de 2008, la Fed a injecté plus de 9 000 milliards de dollars (environ 8 300 milliards d’euros) dans le système financier par le biais de l’assouplissement quantitatif et a maintenu des taux d’intérêt proches de zéro pendant plus d’une décennie. Cette politique de l’argent facile a alimenté une inflation galopante des actifs et créé une illusion de prospérité. Les mesures de la Fed ont encouragé l’emprunt, découragé l’épargne et gonflé des bulles spéculatives dans les actions, l’immobilier et même l’art. Maharrey critique les économistes et journalistes traditionnels pour leur incapacité à faire le lien entre la politique monétaire et les cycles d’expansion et de récession qui caractérisent l’économie américaine moderne.
Les indicateurs économiques annoncent une récession
Les données économiques récentes corroborent les signes avant-coureurs. Selon le modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta, le produit intérieur brut (PIB) américain devrait se contracter de 2,4 % au premier trimestre 2025. Une enquête menée auprès de plus de 300 dirigeants d’entreprise révèle que plus de 60 % anticipent une récession ou un ralentissement économique dans les six prochains mois. Ces prévisions s’alignent sur d’autres indicateurs alarmants, tels que le déclin de la base manufacturière, la faible confiance des consommateurs et la hausse des coûts d’emprunt. Alors que l’air s’échappe de la bulle économique, Maharrey avertit qu’il ne s’agit plus qu’une question de temps avant l’arrivée du prochain krach majeur.
Un optimisme croissant pour l’or
Les analystes, tant traditionnels qu’alternatifs, affichent un optimisme croissant quant à l’avenir de l’or. Mark Chandler prédit un objectif de 3 500 dollars à court terme, invoquant la fuite des capitaux hors des actifs américains et l’affaiblissement du dollar. Adrian Day qualifie le récent repli de l’or de « passager » et met en avant la dynamique solide du métal. Maharrey souligne que la conjoncture actuelle – hausse des prix de l’or malgré l’augmentation des rendements obligataires et la baisse du dollar – est particulièrement inhabituelle et témoigne de profonds changements structurels dans les préférences des investisseurs.
En conclusion, Maharrey exhorte ses auditeurs à protéger leur patrimoine en investissant dans des actifs réels comme l’or et l’argent. Il estime que l’affaiblissement du dollar, la perte de confiance dans la dette américaine et la persistance des bulles économiques soulignent la nécessité d’une diversification et d’une sécurisation financière. L’animateur invite à se renseigner auprès de Money Metals Exchange pour en savoir plus sur les métaux précieux ou pour entamer le processus d’achat. Que ce soit délibérément ou par inadvertance, la bulle économique semble se dégonfler, rendant impératif d’agir avant la prochaine crise.