Publié le 12 octobre 2025 11:10:00. Les regards sont rivés sur Gaza alors qu’Israël et le Hamas ont conclu un accord sur la première phase d’un plan de paix, suscité par des doutes quant à sa viabilité et son équité.
- Le plan prévoit un cessez-le-feu immédiat, la libération d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens.
- Certains aspects initiaux semblent respectés, avec la libération attendue d’otages le lundi suivant l’annonce.
- Des questions subsistent sur le désarmement du Hamas, le retrait israélien et l’avenir politique de Gaza.
La communauté internationale et de nombreux observateurs expriment un scepticisme notable quant au plan de paix proposé, notamment par Donald Trump et son gendre. Le pacte, présenté comme une avancée significative, comprend un cessez-le-feu immédiat à Gaza, la libération de tous les otages israéliens détenus par le Hamas, ainsi que la cessation des hostilités, un retrait partiel de l’armée israélienne, l’acheminement d’aide humanitaire et l’échange d’environ 2 000 prisonniers palestiniens.
À l’heure actuelle, les premières dispositions de l’accord semblent être mises en œuvre. La libération des otages était attendue pour le lundi suivant, coïncidant avec une visite diplomatique de Donald Trump en Israël et en Égypte, où Pedro Sánchez était également présent. Concernant la liste des prisonniers palestiniens, l’absence notable de Marwan Barghouti, figure influente du Fatah et potentiel successeur de Mahmoud Abbas à la tête de l’Autorité palestinienne, a été soulignée.
À première vue, cet accord est perçu comme une victoire pour Israël. Il permet la libération de tous ses otages, un levier de négociation crucial pour le Hamas, sans que le retrait total de Gaza ne soit officialisé ni que la création d’un État palestinien ne soit garantie. L’accord ne prévoit aucune assurance qu’Israël ne reprendra pas ses opérations militaires dans la bande de Gaza une fois cette première phase achevée. « Il est évident que cet accord profite davantage à Israël », estiment certains analystes.
Des obstacles qui restent à résoudre
Paradoxalement, la partie la plus aisée de l’accord semble être celle déjà approuvée. Les points cruciaux, tels que le désarmement officiel du Hamas et sa renonciation au pouvoir, ainsi qu’un retrait complet des forces israéliennes de Gaza, manquent encore de garanties concrètes.
Le Hamas exige des assurances que la bande de Gaza ne subira plus d’attaques israéliennes après la libération des otages. Le mouvement palestinien souhaite également que la future administration de Gaza soit palestinienne et qu’un progrès soit réalisé vers la création d’un État palestinien, une perspective fermement rejetée par Benjamin Netanyahu. Ces divergences constituent des lignes de fracture majeures dans les négociations.
Le plan de Trump propose la mise en place d’un groupe de réflexion palestinien indépendant et apolitique, sous la supervision du « Peace Board » dirigé par Trump, avec Tony Blair parmi ses membres. Cependant, cette proposition ne précise aucune période ni garantie pour le transfert du pouvoir aux Palestiniens ni pour l’ouverture de la voie à l’autonomie gouvernementale.
Le problème fondamental de ce plan réside dans son incapacité à s’attaquer à la question de fond : l’occupation et le projet colonial israélien en Palestine, en particulier en Cisjordanie, sur lesquels le pacte reste silencieux.
Ces divergences multiples laissent présager que, comme ce fut le cas à Oslo en 1993, cette phase initiale pourrait céder la place à la frustration et à une paix instable en Palestine. Le conflit pourrait ne pas être résolu, mais simplement suspendu pour quelques mois, menant à terme à une annexion de la Cisjordanie par Israël, tandis que Gaza se retrouverait sans le Hamas et sous supervision américaine, sans pour autant instaurer une paix durable ni un gouvernement stable pour les Palestiniens.
La question du financement de la reconstruction et des modalités reste également floue. « Ce qui est clair, c’est que quelqu’un va gagner beaucoup d’argent », confient des observateurs. À ce sujet, le Washington Post rapporte que les monarchies arabes auraient continué à collaborer secrètement avec Israël sur des questions de sécurité durant la guerre à Gaza.