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L’Ukraine ne peut pas exporter jusqu’à 30 % de ses céréales en raison des attaques russes, selon le ministère de l’Économie

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Publié le 7 février 2026 11h39. Les perturbations continues des infrastructures portuaires ukrainiennes, exacerbées par les attaques russes et les tactiques commerciales déloyales de Moscou, menacent de laisser un excédent de 10 millions de tonnes de céréales invendues d’ici 2025 et pèsent sur l’économie du pays.

  • Les grèves et les attaques russes ont réduit les volumes d’expédition mensuels de 20 à 30 %.
  • Le corridor maritime de la mer Noire, vital pour plus de 90 % des exportations agricoles, est compromis par les actions de Moscou.
  • La Banque nationale d’Ukraine (NBU) met en garde contre une pression accrue sur le marché des changes et une croissance du PIB plus faible en raison de ces difficultés.

L’Ukraine fait face à des défis logistiques majeurs qui entravent ses exportations agricoles, malgré une production en hausse. Les infrastructures portuaires sont systématiquement ciblées, réduisant considérablement la capacité du pays à acheminer ses céréales vers les marchés internationaux. Selon le ministère de l’Économie, ces perturbations pourraient entraîner un excédent de 10 millions de tonnes de céréales invendues d’ici 2025.

Le vice-ministre de l’Économie, Taras Vysotsky, a souligné l’importance cruciale du corridor maritime de la mer Noire, qui assure plus de 90 % des exportations agricoles. Il a précisé que le transport ferroviaire ne représente que 7 à 8 % des volumes, le reste étant acheminé par route, ce qui rend le corridor maritime non seulement important, mais indispensable.

« Le corridor maritime reste l’itinéraire clé d’un point de vue économique : il assure les plus grands volumes de transport et est le plus rentable pour l’exportation des produits agricoles. »

Taras Vysotsky, vice-ministre de l’Économie

Moscou est accusée d’utiliser des leviers politiques plutôt que de s’engager dans une concurrence loyale sur les marchés mondiaux. Selon Vysotsky, la Russie propose des conditions commerciales préférentielles aux gouvernements, cherchant à gagner des clients par des moyens politiques plutôt que par des avantages économiques. Cette stratégie s’accompagne de la menace d’une interdiction des navires visitant les ports ukrainiens, roumains ou bulgares, comme l’a rapporté Kyiv Post, ce qui imposerait de nouvelles restrictions aux armateurs et aux exploitants de navires.

Malgré une augmentation de la production agricole, atteignant 61,8 millions de tonnes en 2025 contre 56 millions en 2024, l’Ukraine peine à exporter cet excédent. La destruction des ports entrave la commercialisation de ces produits, entraînant des pertes de revenus en devises pour les producteurs et l’État. Avec une consommation intérieure estimée à 16 millions de tonnes, le potentiel d’exportation s’élève à 47 millions de tonnes, mais l’excédent de 10 millions de tonnes représente une perte économique significative.

La Banque nationale d’Ukraine (NBU) a également tiré la sonnette d’alarme dans son rapport sur l’inflation de janvier 2026. Elle souligne que les dommages aux infrastructures portuaires retardent déjà l’exportation de céréales et de minerais, réduisant ainsi les recettes d’exportation. Même si le NBU prévoit une normalisation progressive des opérations portuaires à partir du deuxième trimestre de cette année, les contraintes logistiques persistantes représentent un risque à long terme pour le secteur agricole. L’incapacité à exporter les marchandises pourrait inciter les agriculteurs à réduire les superficies cultivées en raison d’une baisse de la rentabilité.

Ces pertes agricoles s’ajoutent aux difficultés économiques de l’Ukraine, notamment l’augmentation des importations de carburants et d’équipements énergétiques pour compenser le déficit électrique. Le NBU avertit que si les dommages aux ports se poursuivent, les recettes d’exportation seront inférieures aux prévisions, ce qui exercera une pression supplémentaire sur le marché des changes et sur les prix intérieurs. Une baisse des exportations de 150 millions de dollars a déjà été constatée fin 2025, et le NBU prévoit une nouvelle baisse de 1 milliard de dollars au premier trimestre 2026, obligeant à une réorientation coûteuse des exportations vers le rail européen, comme l’a souligné Kyiv Post. Cette tension financière, combinée à un déficit énergétique croissant (estimé à 6 % en 2026 après avoir atteint 7 % fin 2025 suite aux attaques), pourrait faire baisser la croissance annuelle du PIB à 1,8 %.

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