Home Sciences et technologies Luna 9 : une sonde lunaire soviétique pourrait avoir été trouvée – 21/02/2026 – Science

Luna 9 : une sonde lunaire soviétique pourrait avoir été trouvée – 21/02/2026 – Science

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Publié le 21 février 2024 16h00:00. Plus de cinquante ans après son atterrissage historique, les restes de la sonde soviétique Luna 9, premier vaisseau spatial à se poser en douceur sur la Lune, pourraient enfin être retrouvés, mais deux équipes de chercheurs se disputent son emplacement exact.

  • Deux équipes de recherche pensent avoir localisé les vestiges de Luna 9 sur la Lune.
  • Leurs conclusions divergent quant à la position précise de la sonde.
  • La découverte pourrait être confirmée grâce à des images prises par un orbiteur indien.

En 1966, un petit robot spatial, à peine plus grand qu’un ballon de plage, a marqué l’histoire de l’exploration spatiale. Après avoir rebondi sur la surface lunaire, Luna 9 a déployé ses quatre pétales pour révéler une caméra qui a transmis la toute première image capturée depuis un autre corps céleste. Cette prouesse technologique a ouvert la voie à l’exploration interplanétaire, mais l’emplacement exact de la sonde soviétique est resté un mystère pendant des décennies.

Aujourd’hui, ce mystère pourrait être sur le point d’être résolu. Deux équipes de chercheurs affirment avoir identifié les restes de Luna 9 grâce à l’analyse d’images prises par la Lunar Reconnaissance Orbiter (LROC) de la NASA, une caméra qui étudie la surface lunaire depuis 2009. Cependant, leurs conclusions divergent, ce qui souligne la difficulté de retrouver de petits objets sur la Lune.

« L’une des équipes a tort », affirme Anatoly Zak, journaliste et auteur du site RussianSpaceWeb.com, qui a révélé l’histoire la semaine dernière. La petite taille de Luna 9, avec un diamètre d’environ 60 centimètres (2 pieds), rend sa détection depuis l’orbite particulièrement ardue, comme l’explique Mark Robinson, géologue chez Intuitive Machines :

« Luna 9 est un véhicule très, très petit. »

Mark Robinson, géologue chez Intuitive Machines

La caméra LROC, bien que capable de fournir des images avec une résolution de quelques mètres carrés, peine à identifier avec certitude la sonde soviétique.

« On peut regarder une photo et penser que c’est peut-être ça, mais on ne peut pas en être sûr. »

Mark Robinson, géologue chez Intuitive Machines

Vitaly Egorov, un vulgarisateur scientifique russe qui anime le blog spatial Zelenyikot, a passé des années à rechercher Luna 9. Il a récemment lancé une initiative collaborative, diffusant en direct les données de la LROC pour permettre à ses abonnés de participer à la recherche de minuscules anomalies qui pourraient indiquer la présence de la sonde. Après avoir étudié les images panoramiques prises par Luna 9 et les avoir comparées aux détails capturés depuis l’orbite, il pense avoir localisé la zone où elle s’est posée.

« Un jour, le paysage m’a semblé familier. J’ai regardé autour de moi et j’ai réalisé que c’était le même endroit que Luna 9 avait vu. »

Vitaly Egorov, vulgarisateur scientifique

Il reconnaît cependant une possible marge d’erreur de quelques mètres.

Pour confirmer sa découverte, Egorov espère obtenir des images de meilleure résolution prises par Chandrayaan-2, un orbiteur indien en mission autour de la Lune depuis 2019. Les scientifiques indiens ont accepté de collecter des images de la zone cible en mars.

Avant l’annonce d’Egorov, une autre équipe, dirigée par Lewis Pinault du Centre des sciences planétaires de l’University College London/Birkbeck, avait proposé un emplacement différent pour Luna 9 dans la revue npj Exploration spatiale. Ils ont développé un algorithme d’apprentissage automatique, appelé You-Only-Look-Once–Extraterrestrial Artefact (YOLO-ETA), capable de détecter des artefacts lunaires à partir des données de la NASA.

« Au moins, nous avons détecté un artefact inconnu. Je suis très optimiste que cela pourrait être Luna 9. »

Lewis Pinault, chercheur au Centre des sciences planétaires de l’University College London/Birkbeck

Philip Stooke, professeur à l’Université Western Ontario et spécialiste de la localisation d’artefacts lunaires, a conseillé les deux équipes, mais estime qu’aucune des deux n’a fourni de preuves concluantes. Jeffrey Plescia, un planétologue du laboratoire de physique appliquée de l’université Johns Hopkins, penche légèrement pour l’emplacement proposé par Egorov en raison de la correspondance entre les caractéristiques de l’horizon et le panorama de la sonde.

Au-delà de la simple localisation de Luna 9, ces recherches s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à retrouver d’autres vestiges de l’exploration spatiale, notamment les composants perdus des programmes Surveyor et Apollo de la NASA, ainsi que son successeur, Luna 13. Les experts soulignent l’importance de cette quête, non seulement pour préserver l’histoire de l’exploration spatiale, mais aussi pour rappeler l’exploit réalisé en 1966 : prouver qu’il était possible d’atterrir en toute sécurité sur la Lune, ouvrant ainsi la voie aux missions Apollo.

Pour Vitaly Egorov, contraint de quitter la Russie suite à l’invasion de l’Ukraine, la recherche des restes de Luna 9 est un rappel des aspirations communes de l’humanité.

« J’espère que mon travail encouragera au moins une personne à regarder les étoiles, la Lune et Mars, et à admirer non seulement leur beauté, mais aussi notre capacité à les explorer. »

Vitaly Egorov, vulgarisateur scientifique

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