Publié le 18 février 2024 16:51:00. La nouvelle série d’Amazon Prime Video, 56 Days, adaptation du roman de Catherine Ryan Howard, se présente comme un thriller psychologique décalé et volontairement excessif, qui ne manquera pas de diviser les spectateurs. Loin de l’atmosphère irlandaise du livre, l’action se déroule à Boston, avec des conséquences surprenantes.
- 56 Days, adaptation du roman de Catherine Ryan Howard, est décrite comme un thriller absurde et campy.
- Le cadre original irlandais a été remplacé par Boston, entraînant des choix stylistiques discutables, notamment dans la prononciation des noms.
- La série se concentre sur une rencontre fortuite entre deux personnes et une enquête policière suite à la découverte d’un corps.
L’adaptation télévisée de 56 Days, basée sur l’œuvre de Catherine Ryan Howard, ne cherche pas la subtilité. Elle assume pleinement son côté kitsch et son intrigue rocambolesque, ce qui la place, selon la critique, dans la catégorie des séries que l’on adore détester. Si le roman original n’a pas été consulté pour cette analyse, la version proposée par Amazon Prime Video se démarque par son audace et son manque de retenue.
Le roman se déroulait à Dublin et racontait l’histoire de deux inconnus se rencontrant au début de la pandémie. La série, en déplaçant l’action à Boston, a perdu toute trace de son ancrage irlandais. Cette transformation se manifeste de manière flagrante dans la prononciation des prénoms : l’héroïne, Ciara, est ainsi présentée comme « See-ar-a », un choix qui a suscité l’étonnement. On imagine aisément ce qui aurait pu advenir si l’auteure avait choisi un nom plus complexe.
Ciara (Dove Cameron), nouvelle venue à Boston, cherche à tisser des liens avec Oliver (Avan Jogia), qu’elle rencontre dans un magasin bio. Elle est fascinée par le programme spatial de la NASA, tandis que lui préfère les nouveaux bars à cocktails. Tous deux dégagent une intelligence exacerbée, mais semblent voués à l’échec. Le spectateur pressent que quelque chose de sombre se cache derrière cette apparente normalité.
L’intrigue se dévoile progressivement : l’histoire se déroule sur une période de 56 jours, et débute avec la découverte d’un corps en état de décomposition avancé par la police. L’enquête se concentre alors sur l’identité de la victime et la recherche du coupable.
Le choix d’abandonner le décor dublinois est regrettable. Une adaptation fidèle aurait pu donner à 56 Days un écho à Normal People de Sally Rooney, une autre série irlandaise acclamée par la critique. En optant pour une ville américaine générique, la série se rapproche davantage d’un thriller psychologique plus conventionnel, rappelant You de Netflix, ou même, dans son excès, une version bon marché d’American Psycho de Bret Easton Ellis.
56 Days est une série débridée, qui ne cherche pas à plaire à tout le monde. Ceux qui s’attendent à un mystère bien ficelé risquent d’être déçus. Mais pour ceux qui sont prêts à se laisser emporter par une aventure hystérique et pleine de rebondissements, la série offre une expérience divertissante et inoubliable.