Publié le 12 février 2026 à 23h14. Le yen japonais continue de gagner du terrain face au dollar américain, porté par la victoire électorale du Premier ministre Takaishi et les interventions verbales des autorités japonaises, tandis que les données économiques américaines mitigées alimentent les incertitudes.
- Le yen s’est renforcé pour la quatrième séance consécutive, dépassant le seuil de 153 JPY pour 1 USD.
- Les responsables japonais maintiennent une pression verbale sur les marchés des changes pour soutenir leur monnaie.
- La publication imminente de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain pourrait influencer la trajectoire du yen.
La paire USD/JPY poursuit sa décrue, subissant une pression baissière depuis quatre jours consécutifs. Cette dynamique est principalement attribuable à la confiance retrouvée dans l’économie japonaise suite à la victoire écrasante du Premier ministre Sunai Takaishi aux élections générales du 8 février. Son programme économique, axé sur l’augmentation des dépenses publiques, la réduction des impôts et la suspension temporaire de la taxe sur les produits alimentaires (8 % pendant deux ans), est perçu comme un catalyseur de croissance qui pourrait donner à la Banque du Japon (BoJ) une plus grande latitude pour envisager une normalisation de sa politique monétaire, notamment par de nouvelles hausses de taux d’intérêt.
Parallèlement, les autorités japonaises ne ménagent pas leurs efforts pour soutenir le yen. Achuchi Mimura, le haut diplomate chargé des questions de change, a averti que le gouvernement restait vigilant face aux fluctuations des taux de change. Satsuki Katayama, la ministre des Finances, a réaffirmé l’engagement de Tokyo à intervenir sur le marché des devises conformément à l’accord bilatéral conclu avec les États-Unis. Ces interventions verbales contribuent à stimuler la demande de yen.
Du côté américain, les chiffres de l’emploi non agricole (NFP) publiés pour le mois de janvier (NFP) ont révélé une création de 130 000 emplois, avec un taux de chômage en baisse à 4,3 %. Ces données avaient initialement soutenu le dollar, mais cet effet a été rapidement éclipsé par la force du yen. La Réserve fédérale (Fed) a maintenu ses taux d’intérêt dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa réunion de janvier et a confirmé la fin de son programme de réduction de son bilan.
L’attention des marchés se porte désormais sur la publication, prévue vendredi, de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain pour le mois de janvier. Les prévisions actuelles tablent sur une hausse de 0,29 % en glissement mensuel pour l’IPC global et de 0,39 % pour l’IPC sous-jacent. Un chiffre inférieur aux attentes pourrait renforcer les anticipations d’une baisse des taux d’intérêt par la Fed plus tard dans l’année 2026, ce qui pourrait à son tour accélérer la progression du yen.
Sur le plan technique, l’USD/JPY a connu une forte baisse depuis son plus haut du 7 février, approchant les 157,70, pour tester la zone des 152,50, son plus bas depuis début janvier. Cette évolution témoigne d’une impulsion baissière marquée, alimentée par le rallye du yen consécutif aux élections. La paire évolue désormais en dessous de sa moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours, confirmant un changement de tendance à court terme. L’EMA à 200 jours, située autour de 155,00, a été franchie de manière décisive cette semaine, renforçant le biais baissier. L’indice de force relative (RSI) sur le graphique journalier s’approche de la zone de survente (35), mais ne signale pas encore de saturation vendeuse.
À l’échelle de 4 heures, les ventes dominent le marché depuis le résultat des élections du 8 février, avec une formation de sommets et de creux descendants. Un support immédiat se situe autour de 152,50, où la paire a trouvé un plus bas de séance. D’autres niveaux de support se trouvent près de 152,00 (plus bas de 2026) et de 150,00 (niveau psychologique). Une cassure sous 152,00 pourrait ouvrir la voie vers le niveau de retracement de Fibonacci à 38,2 % de la fourchette 139,87 à 159,44, situé vers 151,70. À la hausse, les résistances se présentent à 153,50 (ancien support devenu résistance), 155,00 (EMA à 200 jours) et dans la zone de 156,00 à 157,00. L’histogramme de convergence/divergence de moyenne mobile (MACD) sur le graphique de 4 heures indique une dynamique baissière croissante, signalant une pression à la baisse persistante avant la publication des données de l’IPC américain.
