Publié le 21 octobre 2025. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a annoncé la création d’une nouvelle application, intégrée au système VenApp, pour signaler des activités suspectes, mobilisant les forces armées et les milices populaires. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis.
- Les citoyens seront invités à signaler « tout ce qu’ils voient, tout ce qu’ils entendent » 24h/24 via une nouvelle fonctionnalité de l’application VenApp.
- Les Forces armées nationales bolivariennes (FANB), les unités de la milice communale et les bases de défense populaire intégrale seront chargées de développer et de mettre en œuvre cette nouvelle plateforme.
- Des organisations de défense des droits humains ont déjà dénoncé l’utilisation de VenApp pour cibler les opposants politiques, notamment après les élections contestées de juillet 2024.
Lors d’une allocution télévisée, Nicolás Maduro a qualifié cette nouvelle application de « merveilleuse idée », soulignant la disponibilité des « organisations, la conscience, le leadership » nécessaires à sa mise en place. L’outil s’appuiera sur le système VenApp, initialement conçu en 2022 pour recueillir les doléances des citoyens concernant les services publics défaillants.
Cependant, cette annonce suscite des inquiétudes. En 2024, Amnesty International avait alerté sur l’utilisation de VenApp pour encourager la population à dénoncer les manifestants antigouvernementaux. L’organisation avait rapporté que l’application avait été mise à jour pour permettre de signaler les personnes remettant en cause la réélection de Maduro. Le président avait lui-même déclaré le 30 juillet 2024 vouloir « ouvrir une fenêtre spéciale » sur VenApp pour que « toute la population vénézuélienne puisse y mettre confidentiellement les données de tous les criminels qui ont menacé le peuple, qui ont attaqué le peuple, pour les poursuivre, afin qu’il y ait justice ».
La décision de renforcer un tel dispositif intervient alors que le Venezuela traverse une période de tensions diplomatiques avec les États-Unis. Washington maintient un déploiement naval dans les Caraïbes, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue. Caracas, de son côté, y voit une « menace » visant à provoquer un « changement de régime » et à s’emparer des ressources nationales, notamment pétrolières.