Publié le 11 février 2026 à 11h34. Malgré une croissance régionale soutenue par l’essor de l’intelligence artificielle, l’Asie-Pacifique doit faire face à une multiplication des barrières commerciales et à un ralentissement de la productivité, selon un rapport de l’APEC.
- La croissance du PIB de la région est estimée à 3,2 % pour l’ensemble de l’année 2025, tirée par le commerce de marchandises et les investissements dans l’IA.
- Une forte augmentation des mesures protectionnistes en 2025 menace la stabilité économique à moyen terme.
- Des réformes structurelles axées sur le développement des compétences et les infrastructures sont nécessaires pour relancer la productivité.
L’analyse des tendances régionales de l’APEC (ARTA) publiée en février 2026 met en évidence une dynamique de croissance à court terme qui s’est renforcée dans la région Asie-Pacifique. Le PIB régional a progressé de 3,4 % au cours des trois premiers trimestres de 2025, et devrait atteindre 3,2 % sur l’ensemble de l’année. Cette résilience est principalement due à un commerce de marchandises robuste et à une demande record de semi-conducteurs, alimentée par des investissements massifs dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Cependant, le rapport souligne que cette stabilité est fragile. L’augmentation significative des barrières commerciales et des mesures protectionnistes mises en place en 2025 constitue un risque majeur pour les perspectives économiques à moyen terme. Bien que le ralentissement de l’inflation ait permis aux banques centrales de maintenir des politiques monétaires favorables à la croissance, l’incertitude persistante concernant les politiques commerciales et un ralentissement prévu de la croissance à 3,1 % en 2026 nécessitent une transition vers des réformes structurelles plus inclusives.
Plusieurs facteurs clés soutiennent actuellement la performance économique régionale. L’essor des semi-conducteurs, porté par l’IA, est un moteur de croissance important, bien que le rapport mette en garde contre les risques de concentration et les questions de rentabilité à long terme. Le commerce mondial de marchandises reste dynamique, grâce à la capacité des entreprises à s’adapter aux tensions commerciales antérieures. L’amélioration des conditions d’approvisionnement a également contribué à une baisse des prix des matières premières, atténuant les pressions inflationnistes et soutenant le pouvoir d’achat des ménages. Enfin, la gestion monétaire prudente des banques centrales a permis de maintenir des politiques favorables à la croissance tout en maîtrisant l’inflation.
Le rapport identifie également plusieurs risques de baisse. Outre la multiplication des barrières commerciales, les déséquilibres géopolitiques et comptables, notamment le creusement des déficits des comptes courants, constituent une source d’incertitude. Cependant, des opportunités de croissance existent, notamment si les investissements dans l’IA sont accompagnés de réformes visant à stimuler la productivité, actuellement en berne.
Pour faire face à ces défis et saisir les opportunités, le rapport formule plusieurs recommandations aux décideurs politiques. Il est essentiel de profiter de la période actuelle de baisse de l’inflation pour soutenir la croissance tout en préservant la crédibilité des politiques économiques. Une coordination régionale renforcée et une plus grande adaptabilité institutionnelle sont également nécessaires pour stabiliser la région dans un contexte mondial de plus en plus fragmenté. Enfin, il est crucial de compléter les investissements technologiques, notamment dans l’IA, par des politiques favorisant la concurrence, la mobilité de la main-d’œuvre et le développement du capital humain.
« Les risques de concentration dans l’industrie des semi-conducteurs font référence à une dépendance excessive à l’égard d’un petit nombre de régions géographiques, d’entreprises ou de technologies spécifiques (telles que les puces d’IA haut de gamme) pour l’approvisionnement mondial. »
Rapport ARTA de l’APEC, février 2026
Le rapport souligne l’importance pour le Ministère du Commerce de l’Inde de protéger les intérêts des exportateurs nationaux et de renforcer l’autonomie du pays dans le secteur manufacturier de haute technologie. Il met également en avant le rôle de la Mission des semi-conducteurs en Inde dans l’attraction d’investissements dans la fabrication et la conception de semi-conducteurs, en particulier dans les segments moins exposés aux risques de concentration. Enfin, la baisse des prix des matières premières offre au ministère des Finances et à la RBI une marge de manœuvre budgétaire pour privilégier les dépenses d’infrastructure aux subventions à la consommation à court terme.
Pour consulter le rapport complet, veuillez consulter le site suivant : APEC : Analyse des tendances régionales – Février 2026.