Publié le 19 février 2024 02:54:00. Le président américain Donald Trump doit annoncer jeudi à Washington un engagement de plus de 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros) de la part des États membres d’un nouveau Conseil de paix pour soutenir la reconstruction et l’aide humanitaire à Gaza. L’initiative, qui suscite déjà des critiques, notamment de la part du Vatican, vise à coordonner les efforts internationaux dans la bande de Gaza.
- Plus de 20 pays participeront à la réunion du Conseil de paix présidé par Donald Trump.
- Les États membres se sont engagés à fournir plus de 5 milliards de dollars pour Gaza.
- Le Vatican a annoncé qu’il ne rejoindrait pas le Conseil, préférant que les Nations Unies gèrent les crises internationales.
La Maison Blanche a annoncé mercredi la tenue d’une réunion du Conseil de paix à Washington, D.C., avec la participation de représentants de plus de 20 nations. Lors de cet événement, le président Trump devrait dévoiler un engagement financier de plus de 5 milliards de dollars destiné à soutenir les efforts humanitaires et de reconstruction dans la bande de Gaza, a précisé la porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Levitt, lors d’une conférence de presse.
Selon les explications de Mme Levitt, le Conseil de paix, dont le président Trump assurera la direction, supervisera la distribution de ces fonds. Elle a souligné que tous les États membres auront le droit de vote sur les modalités de décaissement, et qu’une équipe d’experts, composée de représentants des différents pays, assistera le conseil dans ses décisions.
En outre, les États membres se sont engagés à déployer des milliers d’effectifs pour constituer une Force internationale de stabilisation et à renforcer les forces de police locales, dans le but de garantir la sécurité et la paix pour les habitants de Gaza.
L’annonce intervient alors que le Vatican a exprimé son refus de rejoindre le Conseil de paix. Interrogée à ce sujet, la porte-parole de la Maison Blanche a déclaré :
« Nous avons pris note de cette décision et la regrettons vivement. Nous estimons que la paix ne devrait pas être une question partisane, politique ou source de controverse. L’administration souhaite que toutes les parties invitées rejoignent le Conseil, car il supervise la reconstruction d’une région qui souffre depuis trop longtemps de violence, de sang versé et de pauvreté. »
Elle a ajouté que le président Trump avait élaboré un plan ambitieux pour la reconstruction de Gaza, et que des travaux étaient déjà en cours pour le mettre en œuvre.
« Grâce au Conseil de paix, il existe une organisation légitime qui regroupe des dizaines d’États membres issus de différentes parties du monde. Nous considérons que le refus du Vatican d’y adhérer est regrettable. »
Un responsable de l’administration américaine a indiqué que des informations détaillées sur les plans d’action, y compris l’aide humanitaire et le déploiement de la force internationale de stabilisation, seraient communiquées ultérieurement. Parmi les personnalités attendues lors de la réunion figurent le secrétaire d’État Marco Rubio, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU Mike Waltz, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le haut représentant du Conseil de paix dans la bande de Gaza, Nikolai Mladenov.
Interrogé sur l’état d’avancement du plan pour Gaza, le responsable a affirmé :
« Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Nous ne nous faisons aucune illusion sur les défis liés au désarmement, mais nous avons reçu des signaux encourageants dans les rapports transmis par les médiateurs. »
Mardi, le cardinal Pietro Parolin, chef de la diplomatie du Vatican, avait annoncé que le Saint-Siège ne participerait pas à l’initiative du Conseil de paix, estimant que les efforts de gestion des crises devaient relever des Nations Unies. Il s’agit du premier pape américain, Léon XIV, à recevoir une invitation à rejoindre le conseil, qui lui avait été adressée en janvier dernier.
Le plan initial de Donald Trump, qui avait contribué à l’établissement d’un cessez-le-feu fragile à Gaza en octobre, prévoyait que le conseil superviserait temporairement l’administration de la bande de Gaza. Cependant, M. Trump a par la suite déclaré que les pouvoirs du conseil s’étendraient à la gestion des conflits mondiaux.
L’Italie et l’Union européenne ont indiqué qu’elles enverraient des représentants en tant qu’observateurs, sans pour autant rejoindre le Conseil de paix.
Le cardinal Parolin a souligné que le Vatican
« ne participera pas au Conseil de paix en raison de sa propre nature, qui diffère bien entendu de celle des autres pays. »
Il a ajouté :
« Une de nos préoccupations est qu’au niveau international, ce soient avant tout les Nations Unies qui gèrent ces crises. C’est un des points sur lesquels nous insistons. »