Publié le 2025-10-06 14:34:00. La communauté du diffuseur et écrivain Manchán Magan s’est réunie à Dublin pour ses funérailles, rendant hommage à son œuvre et à sa vision unique du monde.
- Les obsèques ont eu lieu à la chapelle du Gonzaga College, son ancienne école.
- Des artistes de renom ont animé la cérémonie, témoignant de l’influence de M. Magan.
- Son dernier message, centré sur l’émerveillement et le lien à la nature, a été rappelé avec émotion.
C’est dans la chapelle du Gonzaga College, établissement scolaire de son jeune temps à Dublin, que la famille et les amis de Manchán Magan se sont réunis pour lui dire adieu. Le diffuseur et documentaire, connu pour sa passion des langues et de la nature, est décédé jeudi dernier à l’âge de 55 ans.
La cérémonie a été empreinte de musique, avec la participation de nombreux artistes, tels que Glen Hansard, Liam Ó Maonlaí, Lisa O’Neill et Colm Mac Con Iomaire. La présence de Niall Breslin et JJ Ó Dochartaugh, membres du groupe Kneecap, a également souligné la diversité des liens que Manchán Magan avait tissés.
Le père Tom Casey, qui a prononcé l’éloge funèbre, a partagé des souvenirs personnels, décrivant la dernière visite de M. Magan comme celle d’une personne « fragile, mais toujours pleine de vie ». Il a rappelé les écrits de l’auteur, notamment dans son livre « 32 Words for Field », où il explorait la manière dont les langues « dansent différemment dans le monde ». Pour Manchán Magan, l’irlandais, l’anglais ou le français n’étaient pas que des outils de communication, mais des chemins pour appréhender la réalité.
« Un Gael dans l’âme, un cueilleur de lumière de la parole vivante, à l’écoute de la voix de la terre. Il vivait dans une conversation avec la création – il trouvait l’émerveillement en toute chose. »
Père Tom Casey
Le père Casey a dépeint Manchán Magan comme un homme « plein d’émerveillement », dont le don était « de vivre étonné ». Son message, qualifié de « simple comme la sismologie », invitait à une connexion profonde avec le monde : « Si nous ne parcourons pas les marches de l’esprit, nos pas s’effacent du monde. »
Les objets déposés lors de l’offrande ont témoigné de la richesse de sa vie : trois de ses dictionnaires, une paire de ses sandales préférées, un tambour offert par la communauté amérindienne, et du miel provenant des abeilles qu’il cultivait.
Son frère, Ruan Magan, a exprimé la force de son héritage : « Au lieu d’être parti, Manchán est partout. » Il a partagé l’émotion des dernières semaines, notamment le mariage de Manchán avec sa femme Aisling Rogerson, célébré à l’hôpital St James, où le personnel avait aménagé une suite nuptiale.
Aisling Rogerson, sa femme, a confié aux personnes présentes que s’occuper de lui durant cette période fut « un honneur ». Elle a évoqué son amour profond et sa fierté de voir sa carrière prospérer et son message se diffuser. « Il a utilisé la langue irlandaise pour nous emmener au-delà de la langue et de la culture », a-t-elle souligné.
En guise d’adieu et de symbole de renouveau, il a été demandé aux personnes présentes de prendre une graine de la terre de Manchán pour la planter en sa mémoire.
Parmi les personnalités présentes figuraient sa mère Cróine, ses frères et sœurs, des musiciens, des acteurs comme Steve Wall, Harrison Gardener de RTÉ, Dave Fanning, ainsi que le Ministre des Affaires rurales et Gaeltacht, Dara Callery. Le Président Michael D Higgins était représenté par son aide de camp, Deirdre Newell, et la chef du parti travailliste, Ivana Bacik, assistait également à la cérémonie.
Une cérémonie de célébration de la terre et de l’esprit se tiendra à Uisneach Hill, dans le comté de Westmeath, le samedi 1er novembre.