Publié le 6 février 2026 à 15h49. Une vaste enquête a été lancée aux Philippines sur un réseau de fabrication illégale de cigarettes, révélant des sommes considérables en pertes fiscales et pointant potentiellement vers l’implication de personnalités politiques influentes.
- La police nationale philippine (PNP) enquête sur des financiers présumés liés à une usine clandestine de cigarettes découverte à Pampanga.
- L’usine produisait quotidiennement pour 150 millions de pesos (environ 2,6 millions d’euros) de cigarettes, totalisant 4,5 milliards de pesos (environ 78,6 millions d’euros) depuis le début de l’année.
- L’enquête s’étend désormais aux personnes soupçonnées de financer et de protéger cette opération illégale, avec la possibilité d’implication de deux hommes politiques du nord de Luçon.
L’enquête, initiée après une perquisition le 28 janvier, s’est intensifiée ces derniers jours. Le chef de la PNP, le général Jose Melencio C. Nartatez, Jr., a souligné que les enquêteurs retracent actuellement les flux financiers liés à l’exploitation de l’usine illégale et de son entrepôt. L’objectif est désormais de démasquer les commanditaires de cette fraude massive.
Selon les estimations de la police, l’usine de Pampanga était capable de produire quotidiennement pour 150 millions de pesos de cigarettes, ce qui représente une perte considérable pour les finances publiques. Depuis le 1er janvier, l’activité illégale aurait déjà généré 4,5 milliards de pesos en produits contrefaits.
L’affaire a pris une nouvelle dimension le 5 février lors d’une inspection conjointe de la PNP, du ministère de l’Intérieur et du Gouvernement local (DILG) et du Bureau des douanes. Le secrétaire du DILG, Jonvic Remulla, a alors révélé que deux hommes politiques du nord de Luçon étaient considérés comme les cerveaux de ce réseau. Il avait précédemment déclaré que le gouvernement avait subi des pertes fiscales de 30 milliards de pesos (environ 52,4 millions d’euros) en 2024 en raison de la contrebande de cigarettes.
Le général Nartatez a insisté sur la détermination de la police à poursuivre tous les responsables, quel que soit leur statut.
« Il y aura toujours un moment de jugement et il a commencé pour tous ceux impliqués dans cette activité de contrebande. »
Jose Melencio C. Nartatez, Jr., chef de la PNP
Il a également dénoncé l’enrichissement illicite de ces individus au détriment des services publics, notamment pour les populations les plus démunies.
« Les gens derrière tout cela s’enrichissent en nous volant des milliards d’argent destinés aux services gouvernementaux destinés à la population, en particulier aux pauvres. »
Jose Melencio C. Nartatez, Jr., chef de la PNP
La PNP a annoncé l’intensification de ses opérations de renseignement à l’échelle nationale afin de localiser et de fermer d’autres usines illégales. Selon Jonvic Remulla, il pourrait exister au moins dix sites similaires à travers le pays. Le Groupe d’enquête et de détection criminelle (CIDG) et les bureaux régionaux de la police (PRO) ont reçu l’ordre de traiter ces affaires comme des délits économiques majeurs.
La police philippine a également renforcé sa collaboration avec le DILG, les unités gouvernementales locales, le Bureau des douanes et d’autres agences afin de détecter rapidement les opérations suspectes et d’empêcher la reconstitution de ces réseaux de contrebande. Le général Nartatez a conclu en affirmant que
« La police nationale philippine n’hésitera pas à poursuivre l’affaire, sous réserve bien sûr de preuves et d’une procédure régulière. Walang intouchable sa batas (Personne n’est intouchable selon la loi). »
Jose Melencio C. Nartatez, Jr., chef de la PNP