Publié le 2025-10-05 11:04:00. Après des années d’hégémonie télévisuelle, Marcelo Tinelli explore de nouveaux horizons médiatiques, du streaming aux formats plus intimistes, tout en réfléchissant à son rapport à l’humour et aux comparaisons avec une nouvelle génération de présentateurs.
- Marcelo Tinelli teste de nouveaux formats sur les plateformes de streaming et YouTube, s’éloignant de son rôle traditionnel de présentateur vedette.
- Il participe à « LOL: Last One Laughing Argentina », un format où l’objectif est de ne pas rire, une inversion par rapport à ses émissions habituelles.
- Tinelli lance également « Nous Passons » sur YouTube avec ses filles et d’autres personnalités, marquant sa présence sur les réseaux sociaux.
Longtemps figure incontournable du paysage audiovisuel argentin, Marcelo Tinelli semble traverser une période de réinvention. Alors que ses formats télévisuels traditionnels perdaient de leur impact, l’animateur s’est tourné vers le streaming et de nouvelles approches pour maintenir le lien avec son public.
Sa démarche s’est traduite par deux projets récents marquants. D’abord, « El Ginobili », une télé-réalité qui a ouvert les portes de son intimité familiale, offrant un regard sans filtre sur son quotidien. Ensuite, il a fait une incursion remarquée dans « LOL: Last One Laughing Argentina », une production de streaming sous la houlette de Susana Giménez. Dans ce programme, l’exercice est inversé : un groupe d’humoristes est réuni dans un même espace et doit s’efforcer de faire rire les autres sans céder lui-même à l’hilarité. Tinelli y endosse le rôle de participant plutôt que de maître de cérémonie, une expérience inédite pour lui.
Parallèlement, il a lancé sur YouTube « Nous Passons », un rendez-vous diffusé sur le canal du carnaval qu’il partage avec des visages familiers de son univers, notamment ses filles Candelaria et Juana Tinelli, ainsi que Luciano « El Tirri », Pachu Peña, Sabrina Rojas, Federico Bal, Carla Conte, Sebastián Almada et Iván Ramírez Imitator. Ce nouveau cycle témoigne de sa volonté de rester présent et actif dans le paysage médiatique.
Dans un entretien accordé à Clarín, Marcelo Tinelli a abordé ces nouvelles facettes de sa carrière, ses réflexions sur l’humour, la télévision actuelle et les comparaisons récurrentes avec Nicolás Occhiato, une nouvelle génération de présentateurs qui semble reprendre le flambeau. Il confie avoir trouvé « agréable » de participer à « LOL », notamment pour la collaboration avec Susana Giménez, une figure emblématique avec laquelle il n’avait jamais partagé d’espace de travail direct, malgré leurs carrières parallèles sur le même canal. La présence de nombreux humoristes avec lesquels il avait déjà collaboré a également été un facteur déterminant.
Tinelli décrit l’expérience de « LOL » comme une adrénaline intense, radicalement différente de ce qu’il connaissait. « J’ai eu beaucoup de compassion », avoue-t-il, expliquant avoir parfois eu envie de relâcher la pression sur les participants. « Ce fut une rigueur à laquelle je n’étais pas habitué. » Il reconnaît avoir dû faire un effort conscient pour contenir ses propres réactions, afin de maintenir son rôle d’autorité dans le jeu.
« J’aime rire de moi-même », affirme Marcelo Tinelli lorsqu’il évoque le rôle de l’humour dans sa vie. Il se décrit comme un « perdant » assumé, capable de s’amuser de ses propres maladresses. « Quand je vois des choses impressionnantes que nous avons faites, ou des artistes incroyables qui sont venus au programme, il m’est difficile de le voir et de le croire. D’un autre côté, tout le reste, quand je suis tombé, quand je ne pouvais pas parler ou quand j’ai étouffé avec un Alfajor, j’adore le voir. Parce que ce sont des choses qui font partie de moi. »
Cette transition vers de nouveaux formats ne l’empêche pas d’avoir une certaine nostalgie pour ses émissions passées, tout en reconnaissant leur évolution. « Ce format [LOL] m’a rappelé plus à VideoMatch qu’à ‘Dancing’ ou le ‘Singing’ », explique-t-il, soulignant la prédominance de l’humour. Il affirme que son « ADN » est toujours dans VideoMatch et qu’il « veut recommencer », tout en étant conscient que le contexte social et l’humour d’aujourd’hui ont changé. Il reconnaît que certains éléments des années 90 ne seraient plus appropriés, mais que l’essence de nombreux sketchs reste intacte et source de rires.
Concernant « El Ginobili », dont la première saison a été écourtée, Tinelli exprime son désir de poursuivre l’expérience. « J’aimais nous montrer dans notre maison, avec nos lits, nos fauteuils, notre nourriture, nos gens… » Il voit dans cette démarche une réciprocité : « Nous sommes entrés tellement de fois dans la maison des gens qui est bon que, pour une fois, les gens peuvent entrer dans la nôtre. »
Marcelo Tinelli se reconnaît dans la nouvelle génération de présentateurs, citant particulièrement Nicolás Occhiato. « Je m’identifie beaucoup avec Nico Occhiato, qui m’a dit qu’il s’était beaucoup identifié avec moi et est venu voir le programme », confie-t-il. Il décrit Occhiato comme ayant une approche « populaire, sensible et avec un côté perdant », soulignant la mise en avant de sa famille, de sa compagne, de son chien et de ses amis. Il apprécie le caractère authentique de ce partage, qu’il compare à ses propres expériences. « Il y a quelque chose qui connecte », résume-t-il.
Face aux comparaisons incessantes, Tinelli adopte une attitude décontractée. « Pas du tout. Je l’aime », déclare-t-il. Il estime que « nous ne pouvons pas nous tuer pour cela » et rappelle qu’il a lui-même puisé dans des inspirations existantes. « J’ai aussi fait des choses que d’autres avaient déjà faites », admet-il, soulignant que dans le paysage médiatique actuel, « tout est inventé et il y a toujours une inspiration dans quelque chose. » Il apprécie d’ailleurs la transparence de Nicolás Occhiato à ce sujet.