Publié le 2025-11-05 18:02:00. Le risque pays argentin a chuté de manière significative ce mercredi, témoignant d’un regain de confiance des investisseurs locaux et internationaux suite aux récentes élections de mi-mandat et à l’anticipation de réformes économiques sous la nouvelle administration.
- Le risque pays de l’Argentine s’établit à 633 points, en baisse de 4,67%.
- La Bourse de Buenos Aires (S&P Merval) a enregistré une hausse de 0,4%, après une forte progression en octobre.
- Les obligations souveraines argentines affichent une amélioration moyenne de 0,4% sur le marché de gré à gré.
La Bourse de Buenos Aires, épicentre des hausses du S&P Merval après les récents changements politiques, a vu le risque pays argentin chuter à 633 points ce mercredi, marquant une baisse de 4,67% selon les données de JP Morgan. Cette évolution intervient alors que les investisseurs surveillent de près l’impact de la nouvelle composition du Congrès et les promesses de réformes économiques suite à la victoire de Javier Milei lors des élections de mi-mandat.
La séance boursière a été particulièrement marquée par un appel d’offres du Trésor argentin visant à couvrir des échéances de près de 7,7 milliards de pesos. Les analystes ont souligné l’intérêt du marché pour la capacité du gouvernement à prolonger les termes et à renouveler la dette, un événement clé qui a captivé l’attention des opérateurs.
Le S&P Merval, principal indice boursier argentin, progressait de 0,4% vers 15h10 GMT, après avoir connu de légères prises de bénéfices lors de la séance précédente. Les données d’octobre révèlent une augmentation de 69,31% de cet indice, une réaction directe aux résultats des élections législatives du dimanche 26. Parallèlement, les obligations souveraines ont enregistré une amélioration moyenne de 0,4% sur le marché de gré à gré, après une clôture stable le mardi. Sur l’ensemble du mois d’octobre, ces titres avaient déjà accumulé une reprise de près de 20%.
La perception des investisseurs internationaux semble avoir évolué positivement suite aux résultats électoraux. Le triomphe de Milei et l’avancée de sa force politique à la Chambre des députés ont modifié les perspectives quant à la gouvernabilité et la capacité à initier des changements économiques fondamentaux. Le Centre d’Études de la Nouvelle Économie de l’Université de Belgrano a indiqué que « après la victoire électorale, le gouvernement se prépare à promouvoir, dans un Congrès beaucoup plus convivial, son programme de réformes de deuxième génération ». Il est prévu que le traitement et l’approbation des changements structurels s’étaleront sur l’année prochaine, en raison des contraintes de calendrier électoral.
Sur le plan technique, les analystes de marché ont noté que le nouveau contexte politique et macroéconomique a engendré « une compression du risque pays et un fort rebond des actifs locaux ». Emilio Botto, de Mills Capital Group, a précisé que le réalignement financier dépendra de « trois piliers : la continuité de l’ordre budgétaire, l’évolution des réserves et l’attente d’avancées législatives qui assurent l’ancrage des réformes ». Un agent de compensation et de règlement de Cohen, cité par Reuters, a ajouté : « Le défi pour les investisseurs sera de discerner si ce moment marque une autre opportunité tactique ou le début d’un changement structurel plus profond dans les actifs argentins. »
Dans le segment des changes, le dollar officiel de Banco Nación s’affichait à 1 465 dollars, en baisse de 1,35%. Le dollar-carte a suivi cette tendance, atteignant 1 904,50 dollars, avec une baisse de 1,35%. Sur le marché informel, le dollar libre a diminué à 1 435 dollars, soit une baisse de 1,71%. Les dollars financiers ont également connu une dynamique baissière : le dollar MEP s’est négocié à 1 483,87 dollars (-0,81%) et le cash avec règlement a clôturé à 1 502,27 dollars (-0,97%).
Le peso argentin sur le marché de gros s’est apprécié de 0,62% pour s’établir à 1 451 dollars pour un dollar, tandis que les opérations à terme se sont ajustées aux alentours de 1 504 dollars pour un dollar à la fin de l’année. Les prix ont traversé la séance sans perturbation majeure, certains facteurs externes ayant apporté une certaine prévisibilité à court terme.
Un élément ayant contribué à la tranquillité du marché local est le soutien des États-Unis. Le pays nord-américain a accepté un échange de vingt milliards de dollars et a mené des négociations en vue d’un éventuel fonds de sauvetage bancaire pour un montant identique. Ces efforts ont attiré l’attention des acteurs recherchant une couverture en devises fortes et ont contribué à alléger la pression financière sur les réserves argentines.
Dans l’après-midi, le président Milei et le ministre de l’Économie, Luis Caputo, ont entamé un voyage aux États-Unis pour rencontrer des investisseurs internationaux. L’agenda étranger vise à maintenir l’attention des fonds d’investissement mondiaux, à un moment où le marché local attend des clarifications sur la profondeur et le rythme des réformes annoncées.
La journée de bourse a présenté des caractéristiques particulières en raison de la proximité du jour bancaire, qui interrompra les échanges traditionnels le jeudi, les institutions financières étant fermées. Bolsas y Mercados Argentinos (BYMA) a néanmoins annoncé que des opérations de négociation auraient lieu, même s’il n’y aurait pas de liquidation d’actifs ce jour-là.
L’évolution immédiate des marchés dépendra à la fois des discussions législatives et des résultats des efforts diplomatiques de l’exécutif argentin à l’étranger. L’effet combiné de ces facteurs et des signaux émanant du Trésor et de la Banque Centrale continuera de moduler le rythme des opérations, alors que les investisseurs naviguent dans un nouveau paysage politique et financier.