Publié le 22 février 2026 à 12h45. L’arrivée de José Jerí à la présidence du Pérou suscite des inquiétudes quant à l’orientation économique du pays, notamment concernant la stabilité budgétaire et la continuité des politiques macroéconomiques menées jusqu’alors.
- Le président José Jerí a sollicité Julio Velarde, le président de la Banque centrale de réserve du Pérou (BCRP), pour qu’il prolonge son mandat de cinq années supplémentaires, mais ce dernier envisage de quitter ses fonctions.
- Des inquiétudes sont exprimées quant à la possible nomination d’un nouveau ministre de l’Économie et des Finances (MEF) qui pourrait remettre en question les objectifs de consolidation budgétaire.
- La restructuration de Petro-Perú est menacée par des demandes d’annulation émanant du parti Pérou Libre, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives sur les finances publiques.
Julio Velarde, à la tête de la BCRP depuis octobre 2006 et reconduit pour un quatrième mandat consécutif en octobre 2021, prépare actuellement une équipe technique pour assurer la continuité des opérations de la banque centrale en cas de départ. Selon la ministre de l’Économie et des Finances, Denisse Miralles, le président Jerí souhaitait le convaincre de rester en poste cinq années de plus, mais M. Velarde évalue actuellement cette possibilité et travaille à la formation d’une équipe de succession. Le processus de nomination d’un nouveau président de la BCRP se déroule en deux étapes : une nomination par le pouvoir exécutif suivie d’une ratification par le Congrès de la République pour un mandat de cinq ans, parmi les sept membres du conseil d’administration.
L’incertitude politique actuelle est exacerbée par les demandes de certains partis, notamment Pérou Libre, qui souhaitent annuler la restructuration de Petro-Perú. Cette situation pourrait compromettre les efforts de consolidation budgétaire et entraîner une augmentation des dépenses publiques. La ministre Miralles a souligné l’importance de reproduire le modèle de collaboration entre la BCRP et le MEF qui a permis, par le passé, de coordonner efficacement les actions des deux institutions. Elle a également évoqué la possibilité d’un retour à une situation similaire à celle de 2021, marquée par l’instabilité et la fuite des capitaux.
Les analystes s’interrogent sur la cohérence des déclarations du président Balcázar, qui a évoqué à la fois la nécessité de régler la question monétaire et la dette sociale de l’État envers les enseignants. Ces annonces sont perçues comme un signal de dépenses publiques accrues, ce qui pourrait remettre en question les objectifs de réduction du déficit budgétaire. La préparation du budget 2027, qui débutera en avril, suscite des inquiétudes quant à la clarté de l’orientation économique et à la viabilité budgétaire.
« Ces hommes politiques, dans les cinq prochains mois, auront trop de pouvoir. Ce n’est pas un Congrès qui impose des limites à l’Exécutif. »
Mercedes Aráoz, présidente d’InPerú
L’ambassadeur des États-Unis a récemment rencontré le président Balcázar, soulignant l’importance de maintenir de bonnes relations commerciales basées sur le respect de l’État de droit. La situation actuelle est d’autant plus préoccupante que la droite péruvienne est divisée, ce qui affaiblit sa capacité à exercer un contrôle sur le pouvoir exécutif. La présence de représentants de Pérou Libre, notamment de Vladimir Cerrón, au sein de l’administration renforce les craintes d’un retour à des politiques économiques interventionnistes.
« Nous sommes à un moment crucial où l’engagement est de réduire le déficit budgétaire pour revenir à la consolidation budgétaire. »
Denisse Miralles, ministre de l’Économie et des Finances
La situation actuelle rappelle celle de 2021, où l’instabilité politique avait conduit à une fuite des capitaux et à une détérioration de la confiance des investisseurs. Les acteurs politiques semblent privilégier des considérations électorales à la stabilité économique, ce qui pourrait compromettre les perspectives de croissance du Pérou. Il est donc essentiel que la société civile et la presse exercent un contrôle vigilant sur les actions du gouvernement et du Congrès.

Lima 21 août 2025 Mercedes Aráoz, présidente d’InPerú (Photo : Hugo Pérez / GEC)
/ HUGO PÉREZ