Home Économie La joie de manquer quelque chose : « Fomo » c’était hier, la nouvelle génération fête « Jomo »

La joie de manquer quelque chose : « Fomo » c’était hier, la nouvelle génération fête « Jomo »

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Publié le 22 février 2026 à 11h23. Face à la pression sociale et à la sollicitation constante des réseaux sociaux, une nouvelle tendance émerge : le « Jomo », ou la joie de manquer quelque chose, qui prône le calme, la déconnexion et le bien-être personnel.

  • De plus en plus de jeunes choisissent consciemment de renoncer à certaines activités, privilégiant la tranquillité et la sérénité.
  • Le « Jomo » s’oppose au « Fomo » (fear of missing out), la peur de manquer quelque chose, qui était prédominant ces dernières années.
  • Cette tendance est encouragée par des influenceurs qui célèbrent la solitude et la déconnexion numérique.

Samedi soir, alors que vos amis préparent une soirée dansante, vous préférez la quiétude de votre foyer. Confortablement installé, loin du bruit et de la perspective d’une gueule de bois, une question vous taraude : et si vous passiez à côté de quelque chose d’important ? Ce sentiment, bien connu, est appelé « Fomo », abréviation de fear of missing out, la peur de manquer quelque chose.

Mais un vent nouveau souffle sur les réseaux sociaux : le « Jomo », ou la joie de manquer quelque chose. Il s’agit d’une approche délibérée, consistant à célébrer l’absence plutôt que de craindre le manque. Au lieu d’être motivé par la peur de rater une opportunité, on choisit consciemment de se concentrer sur le moment présent et sur ce qui apporte réellement du bien-être.

Cette tendance n’est pas nouvelle. Le New York Times en parlait déjà en 2018, la qualifiant de tendance estivale. Cependant, comme souvent, c’est grâce aux médias sociaux que le « Jomo » a pris de l’ampleur et est devenu un véritable phénomène de société.

Calme et sérénité au lieu d’une connexion permanente

Le « Jomo » se manifeste de différentes manières. Il peut s’agir de refuser une invitation à une soirée si l’on ne se sent pas d’humeur, mais aussi de se déconnecter volontairement des réseaux sociaux et de limiter sa consommation d’informations.

Nous sommes constamment bombardés d’informations, de notifications et de sollicitations. Il devient difficile de s’échapper de ce flux incessant. Le « Jomo » permet de retrouver un certain équilibre en éliminant le superflu et en se concentrant sur l’essentiel, favorisant ainsi la détente et la productivité.

Il ne s’agit plus de tout consommer, mais de choisir activement les expériences qui nous apportent réellement de la satisfaction. Certains, par exemple, choisissent de ne pas suivre l’actualité des scandales familiaux, considérant que cela ne leur apporte rien de positif. Des études montrent d’ailleurs qu’une « détox numérique » peut réduire le stress et améliorer le bien-être.

« Internet m’a rendu paresseux »

L’auteure canadienne Christina Crook a mené une expérience en se coupant d’Internet pendant 31 jours, qu’elle a relatée dans son livre intitulé « The Joy of Missing Out: Finding Balance in a Wired World ». Sa conclusion est sans appel : « Internet m’a rendu paresseux, en ce qui concerne la réflexion, l’écriture et en tant qu’ami ».

Crook souligne que nous vivons à une époque de surinformation qui laisse peu de place à l’émerveillement et à la contemplation. Face à un choix entre l’humain et la machine, nous optons trop souvent pour cette dernière.

Se passer complètement d’Internet, comme l’a fait Crook pendant un mois, n’est peut-être pas une solution réaliste pour tout le monde. Mais adopter une approche plus consciente de notre utilisation des technologies pourrait être un premier pas vers un meilleur équilibre.

De plus en plus d’influenceurs adoptent le Jomo

De nombreux influenceurs s’approprient désormais les principes du « Jomo ». Ils mettent en avant l’importance de l’auto-optimisation, en partageant des moments de yoga, de randonnée en pleine nature ou de lecture paisible, privilégiant ainsi la connexion à soi-même et la tranquillité d’esprit.

L’influenceuse allemande « carefreehamuyela » en est un exemple. Ses publications ne mentionnent pas explicitement le « Jomo », mais elle célèbre la liberté d’être seule et d’aller uniquement là où elle le souhaite vraiment.

Elle pratique également régulièrement une « détox numérique », en évitant consciemment l’utilisation d’appareils numériques tels que les smartphones, les ordinateurs portables ou les téléviseurs.

L’influenceuse allemande « tyanathi » publie régulièrement des vidéos sur le « Jomo ». « Chez moi, je n’ai pas de Fomo. On pourrait même dire que j’ai du Jomo », explique-t-elle dans l’une de ses vidéos.

Elle célèbre le plaisir de rester chez soi, surtout lorsqu’elle n’a pas envie de sortir, et inspire ainsi toute une génération de personnes stressées à adopter une approche plus sereine de la vie.

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