Publié le 2024-10-10 19:58:00. Un audit accablant de la Cour des comptes révèle une gestion catastrophique du projet Métro 3, entraînant une explosion des coûts et des retards considérables. Le rapport détaille une cascade de défaillances dans la planification, la conception et la gestion financière du chantier.
- Le coût du projet a explosé, passant de 1,3 milliard d’euros en 2015 à près de 4,8 milliards d’euros prévus aujourd’hui.
- La mise en service, initialement prévue pour 2024, est désormais reportée à 2035.
- La Cour des comptes pointe des décisions incohérentes, un manque de transparence et une conception non étayée par des études suffisantes.
La Cour des comptes publie ce vendredi un rapport d’audit au vitriol sur le projet d’extension du Métro 3, après que les grandes lignes de ses conclusions aient fuité jeudi. Ce document, qui passe au crible la gestion du chantier au cours de la dernière décennie, dresse un portrait désolant où « presque tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné ». Les critiques portent sur des points névralgiques : la planification stratégique, qualifiée de « prise de décision incohérente », la gestion, marquée par un « manque de transparence et de prudence », la conception même du projet, jugée « non basée sur des études préliminaires approfondies », et des « erreurs dans les documents d’appel d’offres ».
L’aspect le plus sidérant concerne l’évolution vertigineuse des coûts. Initialement estimé à 1,3 milliard d’euros en 2015 avec une mise en service prévue pour 2024, le projet Métro 3 voit désormais son coût grimper à près de 4,8 milliards d’euros, pour une ouverture seulement en 2035. Les dépenses déjà engagées s’élèvent à plus de 400 millions d’euros, laissant un trou de financement d’environ 4,4 milliards d’euros à combler.
La Cour des comptes s’inquiète également du financement. Si la Banque européenne d’investissement octroie un prêt de 475 millions d’euros, une partie des fonds qui devaient être assurés par le véhicule fédéral Beliris aurait, selon l’audit, déjà été détournée vers d’autres projets de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB). « La Région bruxelloise devra alors encore financer environ 4 milliards d’euros, alors que la dette régionale continue de croître », conclut l’instance de contrôle.