Publié le 2025-10-25 16:23:00. Les tensions persistent entre le Pakistan et l’Afghanistan, le ministre pakistanais de la Défense n’excluant pas une escalade militaire tout en soulignant une volonté de paix des deux côtés. Des négociations sont en cours à Istanbul pour tenter de pérenniser un cessez-le-feu.
- Le Pakistan a menacé d’une guerre ouverte avec l’Afghanistan en cas d’échec des pourparlers de paix.
- Un cessez-le-feu est respecté depuis cinq jours, sous la médiation du Qatar et de la Turquie.
- Le deuxième cycle de discussions entre Islamabad et Kaboul vise à instaurer un mécanisme de cessez-le-feu durable.
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a tenu des propos mesurés mais fermes concernant les relations avec l’Afghanistan. Alors que le cessez-le-feu conclu le 19 octobre à Doha semble tenir depuis cinq jours, grâce à la médiation du Qatar et de la Turquie, le ministre a déclaré :
« S’il n’y a pas d’accord, nous avons la possibilité d’entrer en guerre ouverte avec eux. Mais j’ai vu qu’ils voulaient la paix. »
Khawaja Muhammad Asif, Ministre de la Défense du Pakistan
Ces déclarations interviennent alors que le deuxième cycle de pourparlers entre le Pakistan et l’Afghanistan a débuté à Istanbul. L’objectif affiché par le ministère des Affaires étrangères pakistanais est de développer un mécanisme permettant de pérenniser le cessez-le-feu.
Les relations entre les deux voisins sont tendues depuis que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan en 2021. Le Pakistan accuse Kaboul d’offrir un refuge aux militants du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), organisation qualifiée de terroriste par Islamabad et responsable de nombreuses attaques sur son territoire. L’administration talibane nie ces accusations et dénonce, de son côté, les opérations militaires pakistanaises comme des violations de sa souveraineté.
La situation s’est particulièrement envenimée le 9 octobre dernier, lorsque le Pakistan a mené des frappes aériennes sur Kaboul dans le cadre de sa lutte contre le TTP. En réponse, les forces de sécurité afghanes ont attaqué des postes pakistanais dans la zone frontalière le 11 octobre, provoquant des affrontements sporadiques. Ces incidents ont été temporairement apaisés grâce à la médiation du Qatar et de l’Arabie saoudite, mais les tensions sont restées vives, le Pakistan annonçant un cessez-le-feu temporaire de 48 heures le 15 octobre.
Au cœur des préoccupations pakistanaises figure le sort du TTP, dont le Pakistan exige des mesures concrètes de la part de la nouvelle administration afghane. Le TTP, qui opère activement dans les zones tribales pachtounes le long de la ligne Durand, frontière de facto établie durant la période coloniale britannique, reste une source majeure de préoccupation pour Islamabad.