L’Amérique se prépare à la mobilisation : des milliers de « No Kings » pour contester l’administration Trump
Alors que la fermeture du gouvernement américain entre dans sa troisième semaine, le pays se prépare à une vague massive de manifestations. Près de 2 500 rassemblements, baptisés « No Kings », sont attendus ce samedi sur tout le territoire et même à l’étranger, pour protester contre ce que les organisateurs qualifient de « prise de pouvoir autoritaire » par le président Donald Trump. Ces manifestations font suite à un premier mouvement d’ampleur en juin, qui avait rassemblé plus de 5 millions de personnes.
Les premières mobilisations ont déjà débuté sur la côte Est, notamment à Atlanta, New York et Washington D.C., où des slogans tels que « Hé hé ! Ho ho ! Donald Trump doit partir ! » résonnent déjà. Des pancartes « Pas de fascistes » et des déguisements d’officiels de l’administration Trump en tenue de prisonniers illustrent le climat de contestation.
À l’international aussi, la mobilisation prend forme. Après des rassemblements au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Suède et en Allemagne, les citoyens américains expatriés et leurs soutiens locaux descendent également dans la rue. À Paris, par exemple, une femme déguisée en Statue de la Liberté participait à une manifestation aux côtés d’autres citoyens, certains accompagnés de leurs animaux arborant des pancartes « Chiens contre Trump ». Les organisateurs prédisent une affluence encore plus importante que lors des précédentes manifestations.
Une réponse politique contrastée
Face à cette mobilisation d’envergure, les réactions politiques divergent fortement. Si les démocrates encouragent leurs sympathisants à participer pacifiquement, certains républicains ont choisi une autre voie. Plusieurs élus ont appelé à rester chez soi et à regarder le football universitaire, qualifiant ces manifestations de « Rassemblements haineux pour l’Amérique ». Jimmy Patronis, représentant de Floride, a ainsi tweeté : « Évitez les manifestations ‘No Kings’ (la Haine de l’Amérique) ! La gauche est très, très en colère que Trump continue de gagner. Il y a de fortes chances qu’elles ne soient pas ‘pacifiques’. Restez chez vous, regardez le football… ». Richard Hudson, membre du Congrès de Caroline du Nord, a renchéri : « Imaginez détester tellement l’Amérique que vous sautez le football universitaire un samedi d’automne ».
À l’inverse, des figures démocrates comme la sénatrice Tammy Duckworth de l’Illinois ont fermement soutenu le droit de manifester : « Je suis partie en guerre pour défendre notre nation. Aujourd’hui, un dictateur en herbe essaie de la déchirer, défiant les ordonnances des tribunaux, censurant la presse, intimidant les manifestants pacifiques et utilisant mal nos troupes. Parlez. Exprimez-vous. Restez en paix. Soyez en sécurité. Pas de rois. » L’ancienne vice-présidente Kamala Harris a également encouragé à « manifester pacifiquement contre ce qui se passe dans notre pays et à exprimer notre voix ».
Le leader de la minorité à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a fermement défendu ces manifestations, les qualifiant d’« aussi américain que la maternité, le baseball et la tarte aux pommes ». Il a contrasté le patriotisme de ces rassemblements avec les événements du 6 janvier 2021 au Capitole : « Ce qui est haineux, c’est ce qui s’est passé le 6 janvier. Il s’agissait d’un rassemblement « Hate America » parrainé par Donald Trump et ses courtisans, qui ont incité une foule violente à prendre d’assaut le Capitole. Voilà à quoi ressemble la haine. Ce que vous verrez ce week-end, c’est à quoi ressemble le patriotisme. »
Des mesures de sécurité renforcées
Face à l’ampleur prévue des manifestations, plusieurs gouverneurs républicains ont pris des mesures préventives. Le gouverneur de Virginie, Glenn Youngkin, a autorisé la Garde nationale à se tenir en « service actif de l’État » pour « assurer la sécurité des Virginiens », tout en affirmant qu’il y aurait une « tolérance zéro » pour les destructions de biens ou la violence. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a également déployé des forces supplémentaires, qualifiant d’avance certains rassemblements de « Antifa-protestation liée » et assurant que le Texas « ne tolérera PAS le chaos ».
Malgré ces tensions, le mouvement « No Kings » mobilise une large coalition de groupes de défense des droits civiques et d’organisations de plaidoyer. Le message central des organisateurs, porté par Ezra Levin, co-fondateur d’Indivisible, est clair : « Il n’y a pas de plus grande menace pour un régime autoritaire que le pouvoir populaire patriotique ».
Les manifestations sont prévues à différents horaires à travers le pays, débutant à 10h00 HNE à Atlanta, 11h00 HNE à New York, et 12h00 HNE à Boston et Washington D.C., où le sénateur Bernie Sanders sera présent. À Chicago, les rassemblements commenceront à midi CT, et à San Francisco à 13h30 (heure du Pacifique).