New Delhi, le 21 mars 2024. L’Inde s’affirme comme un acteur majeur dans le développement et le déploiement de l’intelligence artificielle, accueillant un sommet international qui a réuni dirigeants politiques, chefs d’entreprises technologiques et experts pour discuter de l’avenir de cette technologie transformatrice.
- Le Premier ministre indien Narendra Modi a présenté l’Inde comme un centre d’innovation en IA, visant à concevoir et développer des solutions pour le monde entier.
- Un fonds de 3 milliards de dollars a été proposé pour aider les pays les plus pauvres à renforcer leurs capacités en matière d’IA.
- Des investissements massifs de géants technologiques comme Microsoft, Google et Amazon sont prévus en Inde pour développer l’infrastructure cloud et l’IA.
Le sommet indien sur l’impact de l’IA, qui s’est tenu à New Delhi, a mis en évidence l’ambition de l’Inde de démocratiser l’accès à l’intelligence artificielle et de la positionner comme un pont entre les nations développées et les pays du Sud. Narendra Modi a souligné la nécessité de développer des solutions adaptées aux besoins spécifiques des pays en développement, en s’appuyant sur l’expérience de l’Inde dans la construction d’infrastructures numériques à grande échelle.
« Concevoir et développer en Inde. Livrer au monde. Livrer à l’humanité », a déclaré le Premier ministre Modi lors de son discours d’ouverture. Il a insisté sur le fait que l’IA doit être un outil d’inclusion et d’autonomisation, en particulier pour les pays du Sud.
Le président français Emmanuel Macron, le PDG de Google Sundar Pichai et le secrétaire général de l’ONU António Guterres ont également participé au sommet. António Guterres a plaidé pour un accès équitable à l’IA, affirmant :
« L’avenir de l’IA ne peut pas être décidé par une poignée de pays, ni laissé aux caprices de quelques milliardaires. L’IA doit « appartenir à tout le monde ».
António Guterres, secrétaire général de l’ONU
Plusieurs entreprises technologiques ont annoncé des investissements importants en Inde. Microsoft a promis 17,5 milliards de dollars (environ 16 milliards d’euros) sur quatre ans pour développer l’infrastructure cloud et l’IA, suivant l’annonce de Google d’un investissement de 15 milliards de dollars (environ 14 milliards d’euros) sur cinq ans, incluant la création de son premier pôle d’IA dans le pays. Amazon s’est également engagé à investir 35 milliards de dollars (environ 32 milliards d’euros) d’ici 2030, ciblant la numérisation basée sur l’IA. L’Inde espère attirer 200 milliards de dollars d’investissements dans les centres de données dans les années à venir.
Cependant, l’Inde est encore à la traîne dans le développement de ses propres modèles d’IA à grande échelle, comparables à ceux d’OpenAI aux États-Unis ou de DeepSeek en Chine. Les défis incluent l’accès limité aux puces semi-conductrices avancées, aux centres de données et à la complexité de traiter les centaines de langues locales.
Le sommet n’a pas été exempt de difficultés. Des problèmes d’organisation, notamment de longues files d’attente et des retards, ont été signalés dès l’ouverture. Des participants ont même fait état de vols d’effets personnels. De plus, une université privée indienne a été exclue du sommet après avoir présenté un chien robotique fabriqué en Chine comme une innovation locale. Enfin, le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, a annulé sa participation à un discours d’ouverture, sans explication officielle, bien que la Fondation Gates ait indiqué que cette décision visait à « garantir que l’accent reste mis sur les priorités clés du Sommet sur l’IA ».
Malgré ces incidents, le sommet indien sur l’IA a confirmé l’ambition de l’Inde de devenir un acteur clé dans le domaine de l’intelligence artificielle, un marché en pleine expansion avec près d’un milliard d’internautes dans le pays.