Publié le 9 février 2024 21:04:00. La nouvelle adaptation des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, signée Emerald Fennell, ose une relecture audacieuse et provocatrice du classique, portée par Margot Robbie et Jacob Elordi, qui ne manquera pas de diviser les critiques.
- Le film prend des libertés avec l’œuvre originale, notamment en accentuant certains aspects sensuels et en modernisant l’esthétique.
- Margot Robbie et Jacob Elordi incarnent Catherine et Heathcliff avec une intensité brute, mais leur alchimie ne convainc pas totalement.
- La scénographie et la bande originale audacieuses contribuent à créer une atmosphère à la fois cauchemardesque et baroque.
Emerald Fennell, déjà remarquée pour son film Saltburn, s’attaque à l’un des romans les plus emblématiques de la littérature anglaise. Dès l’annonce de ce projet, les rumeurs ont circulé sur une adaptation radicale, voire choquante, qui aurait pu surprendre même Ken Russell, connu pour ses mises en scène exubérantes. La réalisatrice ne renie pas cette promesse, offrant une version des Hauts de Hurlevent qui détonne par son esthétique volontairement provocatrice et ses anachronismes assumés.
L’intrigue, bien que fidèle dans ses grandes lignes au récit d’Emily Brontë, est revisitée avec un regard contemporain. M. Earnshaw (Martin Clunes) recueille un orphelin d’origine incertaine, Heathcliff (Owen Cooper dans sa jeunesse, puis Jacob Elordi), qu’il élève aux côtés de sa fille Catherine (Charlotte Mellington, puis Margot Robbie). Leur relation passionnée et tumultueuse est le moteur de l’histoire, mais elle est également source de jalousies et de conflits qui les mèneront à la ruine.
Le film ne se contente pas de raconter une histoire d’amour impossible. Il explore également les thèmes de la classe sociale, de la vengeance et de la nature humaine. La demeure des Earnshaw, un lieu isolé et sauvage, contraste violemment avec l’élégance étouffante de Thrushcross Grange, la demeure des Linton. Cette opposition est renforcée par une scénographie soignée, qui oscille entre le grotesque et le baroque. La décoratrice Suzie Davies devrait, à n’en pas douter, être récompensée pour son travail dans un an.
L’interprétation des acteurs est globalement convaincante. Martin Clunes incarne avec brio un patriarche autoritaire et désabusé. Alison Oliver, dans le rôle d’Isabella Linton, se distingue par sa performance subtile et nuancée. Cependant, l’alchimie entre Margot Robbie et Jacob Elordi laisse à désirer. Si Elordi parvient à rendre la rage et le désespoir de Heathcliff, Robbie peine à donner de la profondeur à un personnage de Cathy qui semble parfois superficiel. Le scénario ne parvient pas à justifier l’âge de Robbie pour ce rôle, ce qui affaiblit la crédibilité de la relation.
La bande originale, qui mêle des rythmes électroniques de Charli XCX à une version intimiste de The Dark-Eyed Sailor interprétée par Olivia Chaney, contribue à créer une atmosphère singulière et décalée. Fennell, qui avait déjà exploré les méandres de la passion interclasse dans Saltburn, affirme son style visuel audacieux et provocateur. Le film ne manque pas d’humour noir et de références cinématographiques, mais il peut parfois sombrer dans l’excès et l’incohérence.
À l’affiche à partir du vendredi 13 février