Publié le 2025-10-06 06:32:00. L’ancienne star du tennis Monica Seles, qui a survécu à une agression choquante en plein match en 1993, fait face à un nouveau combat contre la myasthénie grave, une maladie neurologique rare qui affecte sa force musculaire.
Monica Seles, icône du tennis mondial, a révélé publiquement souffrir de myasthénie grave, une maladie auto-immune se manifestant par une faiblesse musculaire progressive. Cette annonce intervient des années après un drame qui a marqué sa carrière : en avril 1993, alors qu’elle était au sommet de sa gloire, elle fut poignardée sur le court en Allemagne par un fan obsédé par sa rivale Steffi Graf, une attaque qui l’éloigna des terrains pendant deux ans.
Aujourd’hui âgée de 51 ans, l’ancienne championne a fait part de son diagnostic, trois ans après avoir ressenti ses premiers symptômes. Ces derniers se sont manifestés par une vision double et une faiblesse extrême dans ses membres, altérant considérablement son quotidien. « Je voyais deux balles arriver vers moi sur le court, au lieu d’une », a-t-elle confié, soulignant la difficulté à accepter et à parler ouvertement de cette condition qui impacte « beaucoup [sa] vie quotidienne ».
La myasthénie grave est une affection auto-immune qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles volontaires. Le système immunitaire attaque la jonction neuromusculaire, le point de connexion où les nerfs transmettent des signaux aux muscles pour déclencher la contraction. Cette défaillance affecte le fonctionnement musculaire, pouvant se traduire par un affaissement des paupières, une vision double, des difficultés à sourire, à mâcher ou à parler, ainsi qu’une faiblesse généralisée des bras, des jambes et du cou. Les symptômes tendent à s’aggraver avec la fatigue, souvent plus marqués en fin de journée.
La prévalence de cette maladie est estimée entre 150 et 200 personnes par million dans le monde. En Irlande, une étude a révélé un taux de 15,38 cas pour 100 000 habitants. La myasthénie grave touche plus fréquemment les jeunes femmes de moins de 40 ans et les hommes de plus de 60 ans, mais peut survenir à tout âge. Son caractère fluctuant, avec des symptômes qui vont et viennent, ainsi que sa rareté, peuvent entraîner un diagnostic tardif. Monica Seles elle-même a dû attendre deux ans d’examens avant d’obtenir un diagnostic définitif.
Le diagnostic repose souvent sur une analyse sanguine recherchant des anticorps spécifiques attaquant la jonction neuromusculaire, bien que tous les patients n’en présentent pas des taux élevés, compliquant parfois le processus. Des examens comme l’électromyographie, qui mesure l’activité nerveuse et musculaire, ainsi que des imageries comme le scanner ou l’IRM, peuvent également être utilisés.
Les origines exactes de la myasthénie grave restent méconnues, mais la recherche pointe du doigt le thymus, une petite glande située dans la poitrine, potentiellement impliquée dans la production des anticorps fautifs.
En l’absence de remède, la prise en charge vise à atténuer la faiblesse musculaire. Des traitements comme la pyridostigmine, qui améliore la transmission des neurotransmetteurs, sont utilisés en première intention. Des stéroïdes et des immunosuppresseurs peuvent également être prescrits. Dans certains cas, une chirurgie pour retirer la glande thymus peut apporter une amélioration.
En partageant son expérience, Monica Seles contribue à une prise de conscience essentielle autour de cette maladie rare et souvent méconnue.