Publié le 22 février 2026 à 21:16:00. La France va convoquer l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, après des déclarations de l’administration Trump sur la mort de l’activiste d’extrême droite Quentin Deranque, ravivant les tensions diplomatiques entre Paris et Washington.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé dimanche soir la convocation de l’ambassadeur américain. Cette décision fait suite à un commentaire publié par l’ambassade des États-Unis en France sur le réseau social X concernant le décès de Quentin Deranque, tué lors d’affrontements à Lyon. L’ambassade américaine avait exprimé son inquiétude face à « l’extrémisme violent de gauche » et souligné une « menace » pour la sécurité publique.
« Nous allons convoquer l’ambassadeur des États-Unis en France, puisque l’ambassade des États-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame qui concerne la communauté nationale », a déclaré Jean-Noël Barrot, invité sur France Info/France Inter/Le Monde. Il a fermement réagi à ces déclarations, affirmant : « Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame à des fins politiques. Nous n’avons aucune leçon à recevoir, s’agissant de la violence en particulier, de l’internationale réactionnaire. »
Quentin Deranque, 23 ans, militant d’extrême droite radicale, est décédé des suites d’une rixe survenue à Lyon entre des groupes d’extrême droite et des militants antifascistes. L’administration Trump a dénoncé vendredi « la violence politique d’extrême gauche » dans sa première réaction officielle à cet événement.
Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en France, à l’approche des élections présidentielles de l’année prochaine. Le président Emmanuel Macron a appelé au calme samedi, après une marche organisée à Lyon par des groupes d’extrême droite en hommage à Quentin Deranque, qui avait rassemblé environ 3 000 personnes.
Ce n’est pas la première fois que l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, est convoqué au Quai d’Orsay. En août dernier, il avait déjà été appelé à s’expliquer suite à des critiques jugées inacceptables par Paris concernant l’action d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme. À cette occasion, c’est le chargé d’affaires de l’ambassade américaine qui s’était rendu au ministère en l’absence de l’ambassadeur.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également commenté la mort de Quentin Deranque, suscitant une réaction du président Macron qui lui a demandé de ne pas commenter les affaires intérieures françaises.