Publié le 20 février 2026 06:49:00. Le film mexicain « Moscas », une œuvre intimiste explorant la précarité et les liens familiaux, est en lice pour l’Ours d’or à la 76e Berlinale, se distinguant comme le seul long métrage hispanophone en compétition officielle.
- « Moscas » raconte l’histoire d’une femme âgée et solitaire dont la vie est bouleversée par l’arrivée inattendue d’un jeune garçon.
- Le réalisateur Fernando Eimbcke utilise l’humour comme un moyen d’aborder des thèmes sociaux difficiles tels que la maladie et les inégalités.
- Le jeune acteur Bastian Escobar, interprète de Cristian, a apporté une contribution créative significative au film, nécessitant des improvisations et des adaptations du scénario.
Présenté à la 76e Berlinale, le film « Moscas » de Fernando Eimbcke a suscité l’enthousiasme de la critique pour sa sensibilité et son approche originale de questions sociales prégnantes. L’œuvre, tournée en noir et blanc, se démarque par son minimalisme visuel et la justesse des interprétations de ses acteurs.
L’histoire se déroule à Mexico, où Olga, une femme d’âge mûr au caractère bien trempé, est contrainte de louer une chambre de son appartement pour des raisons financières. Son locataire, Tulio, est un homme qui séjourne temporairement dans la ville pour être près de sa femme hospitalisée. Il cache à Olga l’existence de son fils, Cristian, un garçon de neuf ans qui finit par s’installer discrètement dans la maison. La vie d’Olga, jusque-là réglée et solitaire, bascule avec la découverte de Cristian, avec lequel elle tisse un lien affectueux inattendu.
Au-delà de l’anecdote, le film aborde des thématiques sociales importantes, telles que la précarité du logement, la maladie et la fragilité des liens familiaux dans un contexte urbain marqué par les inégalités. La question du logement, en particulier, est au cœur du récit.
Fernando Eimbcke a expliqué à la presse l’importance de l’humour dans son approche :
« L’humour est l’une des manières les plus respectueuses d’aborder une personne dans une situation douloureuse. »
Fernando Eimbcke, réalisateur
Le film, porté par les performances de Teresita Sánchez, Bastian Escobar et Hugo Ramírez, explore comment une situation de logement précaire peut réveiller le côté maternel d’une femme qui n’a pas de famille.
Le choix du noir et blanc est également significatif.
« Pour ce film, nous avions besoin de noir et blanc. Cette échelle de gris le rendait moins hystérique. »
Fernando Eimbcke, réalisateur
Le réalisateur cite les films de Chaplin comme source d’inspiration, soulignant l’importance des plans fixes et des silences pour permettre aux acteurs de développer des nuances émotionnelles.
Le jeune Bastian Escobar, qui interprète Cristian, a joué un rôle essentiel dans la création du film. Eimbcke a salué son énergie et sa capacité à improviser :
« J’ai découvert que les enfants sont des cinéastes innés, ça a été merveilleux de travailler avec Bastian (…), il a tout détruit et nous avons dû beaucoup improviser et nous adapter à son énergie. »
Fernando Eimbcke, réalisateur
L’acteur Hugo Ramírez, qui incarne le père de Cristian, a également évoqué l’impact émotionnel du scénario :
« En lisant le scénario, je me suis vu reflété dans mon enfance, j’ai senti que l’histoire était liée à cette partie de ma vie qui n’était pas si belle et j’avais la gorge nouée. »
Hugo Ramírez, acteur
Bastian Escobar, visiblement ému, a partagé son enthousiasme :
« J’ai passé un bon moment… trop bien (…). Parfois je me suis mis en colère, parce que j’ai dû répéter certaines choses, mais tout s’est bien passé. J’aime jouer, merci à tous, l’expérience a été très agréable, j’ai trop aimé. »
Bastian Escobar, acteur
Le titre du film, « Moscas » (mouches), est une métaphore des intrusions inattendues qui perturbent la tranquillité, mais qui révèlent également des vérités cachées. L’œuvre a rapidement été perçue comme l’une des favorites pour remporter l’Ours d’or, la plus haute récompense du festival. C’est la première fois qu’Eimbcke participe à la compétition principale de la Berlinale, après avoir présenté « Osmo » dans la section Panorama l’année précédente. Il a vécu six ans à Berlin, une ville qui a profondément influencé sa carrière.
(MS)