Plus de 250 000 personnes ont manifesté à Munich, en Allemagne, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, pour dénoncer le régime iranien et appeler à un changement démocratique. L’événement a coïncidé avec un appel du fils du dernier Shah d’Iran, Reza Pahlavi, au président américain Donald Trump pour qu’il soutienne le peuple iranien.
Le rassemblement, qui s’est déroulé samedi sur la Theresienwiese, a dépassé les prévisions des organisateurs, qui attendaient initialement 100 000 participants. Cette affluence massive a entraîné des perturbations importantes de la circulation dans le centre-ville de Munich, en raison des mesures de sécurité renforcées pour protéger les invités de la conférence et les différents défilés de manifestants.
Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne en exil, a exhorté Donald Trump à apporter une aide concrète au peuple iranien. « Ils vous font confiance. Aidez-les », a-t-il déclaré, rappelant les promesses d’aide formulées par le président américain. Pahlavi a souligné que les Iraniens ne demandaient pas une réforme du régime, mais son abolition complète.
« Il est temps d’en finir avec la République islamique. C’est une exigence qui fait écho au sang versé par mes compatriotes », a affirmé Pahlavi en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité.
Des manifestations de solidarité ont également eu lieu à Toronto et à Los Angeles, témoignant de l’ampleur du mouvement de contestation contre le régime iranien à l’étranger.
L’association Le Cercle de Munich a organisé la manifestation munichoise. De nombreux participants arboraient des drapeaux iraniens ornés du lion et de l’épée, symboles de l’Iran pré-révolutionnaire. Des portraits de Reza Pahlavi étaient également visibles. Un geste symbolique a été observé : des manifestants ont offert des fleurs aux forces de l’ordre.
Les intervenants lors du rassemblement ont plaidé pour un nouveau départ pacifique et démocratique en Iran, appelant à la poursuite et à la sanction des responsables du régime de Téhéran pour leurs actions contre la population.
Ces manifestations interviennent après une vague de protestations massives en Iran, brutalement réprimées par les autorités. Selon les estimations d’organisations de défense des droits de l’homme, jusqu’à 18 000 personnes auraient été tuées lors de ces événements.
Pahlavi a précisé qu’il ne cherchait pas à restaurer la monarchie, mais à laisser le peuple iranien choisir librement son propre système politique. « Je ne cherche pas de titre, je ne veux pas me mettre une couronne sur la tête », a-t-il déclaré. « Je demande du soutien pour le peuple iranien, pas pour moi-même. »
L’opposition iranienne est cependant divisée, et Pahlavi est critiqué pour son soutien à Israël et son manque de distance par rapport au régime autocratique de son père. Il a réaffirmé à Munich sa position « neutre », laissant aux Iraniens le soin de décider de leur avenir.
Par ailleurs, le président américain Donald Trump a annoncé fin janvier l’envoi du porte-avions « USS Abraham Lincoln » dans le golfe Persique afin d’accroître la pression sur Téhéran. Vendredi, il a confirmé le déploiement prochain d’un second porte-avions, le « USS Gerald R. Ford », et a estimé qu’un changement de pouvoir en Iran serait « la meilleure chose qui puisse arriver », notamment en cas d’échec des négociations nucléaires.