Publié le 2025-10-09 10:05:00. Des organisations mondiales de santé et de défense des droits des femmes appellent les professionnels de santé de la région Asie-Pacifique à refuser catégoriquement la pratique des mutilations génitales féminines (MGF), soulignant qu’aucune forme de ces mutilations n’est sûre ou justifiable.
- Plus de 230 millions de femmes et filles dans le monde ont subi des MGF, dont 80 millions en Asie.
- Un acte de MGF sur quatre est effectué par des professionnels de santé, une tendance qui crée une fausse perception de sécurité.
- Les MGF sont reconnues comme une violation fondamentale des droits humains et des principes éthiques de la médecine.
Alors que l’année 2024 voit le bilan mondial des femmes et filles victimes de mutilations génitales féminines (MGF) dépasser les 230 millions, dont 80 millions résident en Asie, une alerte est lancée concernant la « médicalisation » de cette pratique. Il est alarmant de constater qu’environ un acte de MGF sur quatre est aujourd’hui réalisé par des professionnels de santé, que ce soit en milieu clinique ou à domicile. Cette situation contribue à une idée reçue dangereuse : que les MGF seraient plus sûres ou moins nuisibles lorsqu’elles sont pratiquées par des experts médicaux.
Les signataires de cette déclaration commune, parmi lesquels figurent le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Asie-Pacifique, ainsi que la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) et la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO), rappellent avec fermeté qu’il n’existe aucune forme de MGF qui soit sûre. Ces pratiques infligent des dommages physiques et psychologiques profonds, bafouant le droit à la santé, au bien-être et à l’autonomie corporelle des femmes et des filles. Elles ne devraient être ni pratiquées, ni tolérées, y compris par les personnels soignants.
Face à cette réalité préoccupante, ces organisations appellent l’ensemble des sages-femmes, infirmières, médecins et autres agents de santé de la région Asie-Pacifique à s’opposer résolument à la pratique des MGF. Elles réaffirment leur soutien à ces professionnels, ainsi qu’aux décideurs politiques, aux autorités sanitaires et aux leaders de tous horizons, dans la mise en œuvre d’actions concrètes et urgentes pour protéger les femmes et les jeunes filles.
Les professionnels de santé sont exhortés à :
- Respecter le principe fondamental du « ne pas nuire », pilier des droits humains et de l’éthique médicale. Cela implique un refus catégorique de pratiquer, d’assister ou de faciliter les MGF sous quelque forme que ce soit. Les MGF n’apportent aucun bénéfice pour la santé et entraînent des risques accrus de préjudices physiques et psychologiques permanents. Il n’existe aucun type ou sous-type de MGF moralement, éthiquement ou socialement acceptable, et aucune forme répandue dans la région ne justifie médicalement ou éthiquement sa perpétuation.
- Protéger l’autonomie corporelle et l’intégrité des femmes, des filles et des nouveau-nés en s’opposant activement à la médicalisation des MGF et en rejetant toute pression sociale ou culturelle qui encouragerait leur pratique.
- Adhérer et promouvoir le respect des codes de conduite et d’éthique professionnelle qui interdisent explicitement les MGF et leur intégration dans le système de santé. Le bien-être physique et psychologique des femmes et des filles doit primer sur toute croyance religieuse ou norme socioculturelle.
Les organismes professionnels de santé, y compris les autorités de régulation, les associations professionnelles, les éducateurs et les ministères concernés, sont également appelés à agir :
- Établir et faire respecter des codes de conduite professionnels interdisant clairement toute MGF, assurant ainsi que les agents de santé comprennent leurs obligations éthiques de refuser de les pratiquer. Des ressources techniques existent pour accompagner ces professionnels dans ce refus et pour plaider en faveur de l’élimination de ces pratiques néfastes.
- Intégrer la prévention des MGF dans les programmes de formation initiale et continue destinés aux professionnels de santé, afin de les équiper pour prévenir, identifier et répondre aux cas de MGF, ainsi que pour sensibiliser leurs pairs et leurs communautés aux dangers de ces mutilations.
- Plaider pour un cadre juridique solide et une responsabilisation accrue, en soutenant les lois qui interdisent explicitement toutes les formes de MGF en Asie-Pacifique, indépendamment de qui les pratique ou du lieu où elles sont effectuées. L’application effective de ces lois est cruciale, et la mise en place de systèmes de surveillance et de signalement indépendants facilitera l’identification des violations.
Le FNUAP, l’OMS, l’ICM, la FIGO et le Réseau asiatique pour mettre fin aux MGF/E s’engagent à collaborer avec tous les partenaires de la région Asie-Pacifique pour mettre un terme à la médicalisation des MGF. Ils comptent sur le soutien de l’ensemble des acteurs de la santé pour joindre leurs efforts. Les MGF n’ont pas leur place dans le monde actuel. Il est de la responsabilité collective de défendre le droit à la santé et au bien-être des femmes et des filles, en Asie-Pacifique comme ailleurs, afin qu’elles puissent s’épanouir et réaliser leur plein potentiel.
Agences et partenaires contribuant à la déclaration commune :
Fonds des Nations Unies pour la population, Bureau régional Asie-Pacifique
Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l’Asie du Sud-Est
Organisation mondiale de la santé, Bureau régional du Pacifique occidental
Confédération internationale des sages-femmes
Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique
Réseau asiatique pour mettre fin aux MGF/E