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Négociations de Genève sur l’Ukraine – le problème des garanties de sécurité et des concessions territoriales dans le processus de règlement

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Publié le 17 février 2024 10h11. Des négociations délicates se déroulent à Genève entre représentants ukrainiens et russes, sous l’égide américaine, pour tenter de trouver une issue au conflit qui perdure depuis quatre ans, malgré une profonde méfiance et des exigences divergentes.

  • Les pourparlers portent sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine et le statut des territoires contestés du Donbass.
  • La Russie réclame des concessions territoriales, tandis que l’Ukraine insiste sur le respect de son intégrité territoriale et des garanties de sécurité.
  • Le président Zelensky a averti d’une possible intensification des attaques russes et appelle à une accélération des livraisons d’armes par les alliés occidentaux.

En Suisse, les négociateurs ukrainiens et russes se sont retrouvés pour une nouvelle série de discussions visant à mettre fin à la guerre. La délégation ukrainienne, dirigée par Rustam Omerov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, a annoncé être prête à travailler sur les points inscrits à l’ordre du jour, qui incluent notamment un cessez-le-feu partiel pour protéger les infrastructures énergétiques ukrainiennes. La délégation comprend également Kirilo Budanov, chef du cabinet du président, Sergueï Kyzylytsya, vice-ministre des Affaires étrangères, et Vadim Skeptsky, chef adjoint des services de sécurité.

De son côté, la Russie, représentée par le négociateur en chef Vladimir Medinsky et une délégation de plus de 20 personnes, cherche à obtenir des concessions territoriales permanentes, notamment le contrôle des régions de Louhansk et Donetsk, qu’elle envisage d’annexer. Cette position est fermement rejetée par Kiev et ses alliés européens, qui craignent que de telles concessions ne renforcent les ambitions expansionnistes de Moscou et ne récompensent l’agression russe.

L’itinéraire du vol de la délégation russe depuis Moscou vers Genève a nécessité une modification de dernière minute, en raison de la nécessité de survoler l’espace aérien de plusieurs pays membres de l’OTAN et de l’Union européenne. L’autorisation de survol a finalement été obtenue avec l’aide des États-Unis, selon des sources russes.

Ces négociations font suite à des rencontres précédentes organisées aux Émirats arabes unis, où les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont joué un rôle de médiateur, en envoyant son négociateur en chef, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner. Des discussions bilatérales russo-américaines sont également prévues, dans le but de relancer les relations économiques entre les deux pays.

Avant l’ouverture de ce nouveau cycle de négociations, le président Zelensky a exprimé sa crainte d’une intensification des attaques russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

« La Russie ne peut pas résister à la tentation et veut porter un coup douloureux aux Ukrainiens dans les derniers jours du froid de l’hiver. »

Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Il a également souligné le manque de volonté de la Russie de faire des concessions et a appelé les alliés occidentaux à renforcer la défense aérienne ukrainienne.

« Il est nécessaire de mettre en œuvre de toute urgence ce dont nous avons discuté avec nos partenaires à Munich. Plus nous attendons les approvisionnements, plus les dégâts causés par les attaques russes seront importants. »

Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Selon les analyses, l’issue de la guerre dépendra de trois facteurs principaux : l’équilibre des forces sur le terrain, la poursuite du soutien occidental à l’Ukraine et la capacité de la Russie à supporter les coûts économiques et militaires à long terme. À court terme, aucune avancée décisive n’est attendue, ce qui laisse présager une situation de statu quo, marquée par une attrition mutuelle et des frappes ciblées sur les infrastructures énergétiques.

Les négociations pourraient se prolonger sur une longue période, servant davantage à gérer le conflit qu’à le résoudre rapidement. L’Ukraine cherchera à obtenir des garanties de sécurité solides, tandis que la Russie tentera d’imposer une nouvelle réalité régionale qui consolidera son contrôle sur les territoires contestés. La réussite de tout règlement dépendra de la volonté des deux parties de faire des compromis, ce qui ne semble pas être le cas pour l’instant.

Sur le plan économique, les sanctions contre la Russie devraient maintenir la pression, mais Moscou pourrait trouver des moyens de les contourner grâce à ses partenaires non occidentaux. L’Ukraine, quant à elle, devra faire face à d’énormes défis en matière de reconstruction et de relance économique, et dépendra fortement de l’aide financière internationale.

La course aux armements en Europe de l’Est devrait s’intensifier, avec un renforcement des systèmes de défense aérienne et un déploiement militaire accru près de la frontière russe. Le concept de dissuasion européenne pourrait également être redéfini, en mettant l’accent sur l’intégration industrielle de la défense et la coordination opérationnelle.

À moyen terme, une situation de « ni guerre, ni paix » pourrait se stabiliser, avec des lignes de contact figées sans reconnaissance juridique définitive, créant un foyer de tension permanent. Un changement fondamental dans les calculs stratégiques des deux parties serait nécessaire pour parvenir à une solution durable.

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*Droit réservé au Centre européen d’études contre le terrorisme et le renseignement

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