Publié le 30 octobre 2025 01:57:00. Nicolas Maduro a demandé à la Cour suprême de justice (TSJ) de révoquer la nationalité vénézuélienne de toute personne accusée de trahison, notamment de s’allier à une armée étrangère pour envahir le pays. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis et vise spécifiquement l’opposant Leopoldo López.
- Le président vénézuélien Nicolas Maduro a saisi la Cour suprême de justice (TSJ) pour demander le retrait de la nationalité des « vendepatria » (traîtres à la patrie) qui s’associeraient à une armée étrangère pour envahir le Venezuela.
- L’opposant Leopoldo López est directement visé par cette démarche, Maduro l’accusant d’avoir sollicité l’intervention militaire américaine.
- La Constitution vénézuélienne présente une contradiction : si l’article 130 stipule le devoir de défendre le pays, l’article 35 interdit la privation de nationalité pour les Vénézuéliens de naissance.
Lors d’une allocution télévisée sur la chaîne d’État VTV, Nicolas Maduro a précisé que cette requête visait à obtenir l’autorisation de la Cour suprême pour retirer, conformément à la loi et à la Constitution, la nationalité vénézuélienne, ainsi que tous les documents afférents, à quiconque se rendrait complice d’une invasion.
Cette demande s’inscrit dans un contexte de déploiement naval américain dans les Caraïbes, à proximité du Venezuela, une région où l’arrivée d’un porte-avions américain est attendue prochainement. Le président a justifié sa démarche en s’appuyant sur l’article 130 de la Constitution, qui impose aux Vénézuéliens le devoir d’honorer et de défendre leur patrie, de sauvegarder sa souveraineté, son intégrité territoriale et ses intérêts nationaux. Cependant, un autre article de la Constitution, le numéro 35, stipule clairement que les Vénézuéliens de naissance ne peuvent être privés de leur nationalité, seule celle acquise par naturalisation pouvant être révoquée sur décision judiciaire.
Selon des informations rapportées le week-end précédent par la vice-présidente exécutive Delcy Rodríguez, le président avait déjà déposé une requête vendredi dernier auprès du TSJ afin de retirer la nationalité de Leopoldo López. Il lui est reproché d’avoir appelé à une « invasion militaire », de promouvoir un « blocus économique » et d’avoir incité au « meurtre massif de Vénézuéliens en complicité avec des gouvernements et des ennemis étrangers ». Delcy Rodríguez a également annoncé l’annulation « immédiate » du passeport de l’opposant, qui vit en exil à Madrid depuis 2020.
Leopoldo López dénonce une manœuvre de Maduro « acculé »
En réaction, Leopoldo López a affirmé que Maduro cherchait à lui retirer sa nationalité « pour avoir dit ce que pensent et veulent tous les Vénézuéliens : la liberté ». Se disant prêt à devenir « le premier citoyen né au Venezuela » à subir une telle mesure, l’opposant a déclaré à l’agence EFE que le dirigeant chaviste était « acculé » et cherchait à intimider ceux qui soutiennent la liberté dans son pays. De son côté, le parti de López, Voluntad Popular (VP), a dénoncé une tentative du gouvernement de « copier les schémas répressifs des dictatures de Cuba et du Nicaragua ».
La demande de Maduro survient peu après que Leopoldo López ait déclaré que les négociations politiques n’étaient plus une voie viable pour le changement au Venezuela, estimant que la « pression » des États-Unis était la seule solution. Il a même affirmé soutenir une intervention militaire américaine sur le sol vénézuélien visant à renverser le régime de Maduro.