Publié le 2024-04-23 12:00:00. Le président roumain Nicușor Dan exprime son insatisfaction quant à l’efficacité de la Direction nationale anticorruption (DNA) et du Parquet général (PG) dans la lutte contre la grande corruption, remettant en question la prolongation des mandats de leurs dirigeants respectifs.
- Le président Nicușor Dan ne prévoit pas de reconduire les mandats du procureur général et du chef de la DNA, qui expirent en mars 2026.
- Il estime que la DNA ne démontre pas d’efforts significatifs pour s’attaquer à la grande corruption.
- Le président critique la gestion des dossiers, notamment la prescription de grandes affaires, pointant un problème de management au sein des instances judiciaires.
Dans une récente interview accordée au site d’information Cotidianul.ro, Nicușor Dan a été catégorique quant à l’avenir des actuels dirigeants de la Direction nationale anticorruption (DNA) et du Parquet général. Interrogé sur la possibilité d’une prolongation de leurs mandats, dont l’échéance est fixée à mars 2026, le président a répondu par un clair « Bien sûr que non ».
Selon le chef de l’État, la DNA n’est pas suffisamment active dans la lutte contre la « grande corruption ». « Il n’y a clairement aucune tentative pour lutter contre la grande corruption », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que les changements profonds au sein d’institutions traitant de millions de dossiers chaque année ne peuvent s’opérer en quelques mois. Il a cependant souligné que le mandat de chaque procureur général est de près de trois ans.
Nicușor Dan a distingué l’analyse d’un rapport qu’il a qualifié de « très sérieux » de l’activité générale des institutions. Il a déclaré n’avoir constaté « aucune activité » concernant la « petite et très petite importance » dans environ 50 dossiers auxquels il a été confronté durant son mandat de maire. Concernant le Parquet général, il a noté des « tentatives d’organisation interne » mais déplore l’absence d’une « volonté […] de les traiter systématiquement et avec la volonté de les résoudre ».
Cette prise de position n’est pas nouvelle. Dès le 11 septembre, Nicușor Dan avait exprimé son mécontentement quant à l’activité du Parquet général et de la DNA. Dans une interview précédente sur TVR1, il avait évoqué sa promesse de campagne de réformer la justice, tout en insistant sur la nécessité de longs dialogues avec toutes les parties prenantes. « Je pense que beaucoup de gens comprennent que dans cet équilibre des pouvoirs, il y a de nombreuses institutions et que […] l’action du président doit être en dialogue, parfois en accord avec ces institutions », avait-il expliqué, rappelant les limites imposées par le ministère de la Justice, le Conseil Supérieur de la Magistrature et la loi.
Le président avait alors pointé du doigt la prescription de « grandes affaires de corruption », attribuant ce problème non pas aux magistrats en général, mais à la direction des parquets. Il avait critiqué la « gestion » des ressources allouées aux affaires jugées importantes pour la société, se montrant particulièrement sévère à l’égard de la gestion du Parquet général et des parquets spécialisés comme la DNA.