Home Accueil Notre système risque la farce présidentielle, dans la croyance que le bon sens prévaudra – l’époque irlandaise

Notre système risque la farce présidentielle, dans la croyance que le bon sens prévaudra – l’époque irlandaise

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Publié le 2025-10-06 01:30:00. Assister à des sessions de sélection présidentielle révèle parfois les limites de notre système démocratique, où la candidature ouverte peut mener à des situations cocasses. Une récente rencontre d’un conseil de comté a mis en lumière des prétendants à la fonction suprême dont les qualités semblent parfois plus adaptées à un spectacle humoristique qu’à la grave responsabilité de diriger une nation.

  • Certaines candidatures présidentielles soulèvent des questions sur la pertinence du processus démocratique actuel.
  • Des personnalités aux profils inattendus et aux comportements parfois erratiques ont émergé lors d’une sélection de conseillers.
  • La tolérance et le professionnalisme des élus locaux face à ces démonstrations ont été soulignés.

Parfois, l’exercice de la démocratie invite à la réflexion, voire au scepticisme. Si l’on prête à Winston Churchill la célèbre phrase selon laquelle elle est «la pire forme de gouvernement, à l’exception de toutes celles qui ont été essayées jusqu’à présent…», cette idée n’est pas la plus lapidaire, mais elle a le mérite d’interroger. Car, après tout, c’est la démocratie qui nous a donné des figures telles que Hitler, Netanyahu, et Trump – ce dernier, à deux reprises. Plus localement, cette même démocratie a présenté quinze futurs candidats à la présidence d’Irlande lors d’une réunion de conseil de comté à laquelle l’auteur a assisté le mois dernier. Une assemblée où, il faut le dire, ni la nomination ni même un semblant d’ordre n’étaient au rendez-vous.

Parmi les candidats, une militante dont le discours semblait tout droit sorti d’un festival prônant «la fraternité, les valeurs familiales, la paix et l’amour pour les démunis» aurait peut-être été mieux accueillie à un concours de beauté. Un autre a partagé en détail ses problèmes de santé mentale, estimant que cela était désormais une qualification requise pour toute personne aspirant à la vie publique. Une troisième candidate était si difficile à entendre que la présidente du conseil a dû répéter chaque question à son oreille. L’argument le plus percutant d’une autre aspirante se résumait à sa «ferme conviction d’être une excellente présidente», tandis qu’une autre encore insistait sur le fait que les conseillers devaient ignorer les critiques négatives à son sujet, préconisant de «mettre l’accent sur le positif et d’éliminer le négatif».

Le clou du spectacle fut sans doute cette future présidente qui a complètement perdu son sang-froid lorsque sa présentation en ligne est entrée en collision avec une autre qu’elle avait préparée pour un conseil de comté distinct. «Tout le pays doit voir ça», s’est-elle écriée, avant de finalement retrouver son calme pour évoquer la «dignité dans notre démocratie». Un autre candidat, connecté à distance, a dû être déconnecté contre les directives, car il a nommément cité des personnalités publiques en lien avec ses griefs, malgré les avertissements répétés de la présidente du conseil.

Notre système démocratique veut que chaque citoyen, même ceux animés par d’immenses illusions de grandeur, puisse emprunter le chemin des conseils locaux vers une nomination présidentielle. Sur le papier, l’intention est louable. En pratique, le processus peut se transformer en farce, davantage propice à une bonne comédie ou à une satire mordante qu’à la sélection sérieuse d’un chef d’État.

Il faut cependant reconnaître le revers positif de cette même démocratie : elle a permis l’élection des conseillers de comté qui ont fait preuve d’une patience et d’un professionnalisme remarquables face à ce défilé de «premiers de la classe», applaudissant poliment chaque prétendant, aussi ridicule soit-il. Ces bonnes manières et leur jugement sûr sont également un crédit pour ceux qui les ont élus en 2024.

La démocratie, du grec démokratía pour «gouvernement par le peuple».

Pour toute correspondance : inaword@irishtimes.com

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