Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des plages écossaises, réputées pour leur beauté sauvage, sont en réalité touchées par une pollution insoupçonnée due à des rejets d’eaux usées, mettant en danger la santé des baigneurs et des surfeurs.
- Un ancien ingénieur en traitement des eaux a découvert des quantités alarmantes de lingettes humides et autres déchets sur les plages d’Écosse, révélant des problèmes de système d’égouts vétuste.
- Le film Turning Tides met en lumière cette pollution septique et les efforts de militants pour alerter les autorités et protéger les usagers des plages.
- La Marine Conservation Society alerte sur la présence de bactéries potentiellement dangereuses dans l’eau, liées à ces rejets d’eaux usées.
Alors que l’Écosse est souvent perçue comme un havre de paix sauvage, loin des problèmes de pollution, une réalité plus sombre émerge. Frank Neate, un ancien ingénieur spécialisé dans le traitement de l’eau, a été le premier à sonner l’alarme. Lors de ses promenades sur les plages, il a constaté la présence régulière de lingettes humides, de tampons et d’autres déchets qui ne devraient pas s’y trouver, même en l’absence de pluie. Cette observation l’a conduit à suspecter un dysfonctionnement du système d’égouts.
Frank Neate travaille désormais avec The Wave Project, une association locale de surf, et la Marine Conservation Society pour faire pression sur Scottish Water et la Scottish Environmental Protection Agency (SEPA), l’agence écossaise de protection de l’environnement. Il a notamment confronté un nageur à la réalité de la situation :
« Savez-vous qu’il y a un émissaire d’eaux usées là-bas et que vous avez nagé à côté ? »
Frank Neate, ancien ingénieur
La réaction du nageur, incrédule, illustre une conviction répandue : l’idée que la pollution ne constitue pas un problème majeur dans les pays développés comme l’Écosse. Or, cette perception est souvent erronée, les autorités ayant tendance à minimiser ou à dissimuler les problèmes de pollution.
Fort de son expérience dans le secteur de l’eau, où il a visité 365 stations de pompage des eaux usées en trois mois dans le sud de l’Angleterre, Frank Neate a pu constater les lacunes du système écossais. Il explique :
« J’ai travaillé dans le secteur de l’eau auprès de deux grandes entreprises du sud, dont une dans la Tamise. J’ai été impliqué dans les aspects de conception et les mises à niveau nécessaires pour rendre les installations d’épuration compatibles avec les réglementations européennes dans les années 80. Quand je viens ici… je vois qu’elles ne répondent pas aux normes auxquelles je m’attendais. »
Frank Neate, ancien ingénieur
Catherine Gemmel-Thompson, responsable de la conservation en Écosse à la Marine Conservation Society, souligne l’état vétuste des infrastructures : « Une grande partie de notre système d’égouts est encore le système victorien (de la fin des années 1800) qui vient juste d’être construit et construit. Si vous trouvez des lingettes humides et d’autres objets qui semblent provenir d’un réseau d’égouts, il y aura d’autres choses dans l’eau qui pourraient vous rendre malade. »
Kirsty Crawford, également de la Marine Conservation Society, témoigne de l’ampleur du problème lors des nettoyages de plages : « Nous trouvons régulièrement plus de 400 ou 500 lingettes humides à chaque fois que je viens ici. Je pourrais donc revenir la semaine prochaine et nous en trouverions 600 autres. Et ainsi de suite. »
L’objectif de Frank Neate et des associations qu’il soutient est de protéger les baigneurs, notamment les enfants qui apprennent à surfer avec The Wave Project, contre les risques sanitaires liés à la pollution des eaux usées.
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