Publié le 2024-05-15 10:00:00. OpenAI, la société derrière le célèbre chatbot ChatGPT, affiche une valorisation astronomique de 500 milliards de dollars, malgré des pertes financières. Comment cette valorisation est-elle justifiée et quelles sont les ambitions de l’entreprise ?
- OpenAI est la plus précieuse entreprise non cotée en bourse au monde, valorisée à 500 milliards de dollars, principalement grâce à des investissements spéculatifs sur son potentiel futur.
- Les coûts opérationnels élevés liés au développement et au fonctionnement de l’intelligence artificielle, malgré des revenus issus des abonnements premium, expliquent les pertes actuelles de l’entreprise.
- OpenAI cherche à diversifier ses activités en lançant de nouveaux produits, notamment une plateforme de contenu généré par IA nommée Sora, et explore des modèles économiques basés sur la publicité personnalisée grâce à l’analyse des données utilisateurs.
La valorisation spectaculaire d’OpenAI repose essentiellement sur un pari sur l’avenir. Des millions sont investis dans l’espoir que l’entreprise finira par être rentable. Bien qu’elle ne soit pas cotée en bourse, permettant une négociation libre de ses actions, des employés ont pu vendre des parts via des accords privés, contribuant à cette méga valorisation.
Le fonctionnement de l’intelligence artificielle avancée comme celle proposée par OpenAI engendre des coûts considérables. Pour chaque requête traitée, qu’il s’agisse de répondre à une question, de résumer un e-mail ou de créer une liste de courses, des milliers de puces informatiques très performantes, à la pointe de la technologie, doivent fonctionner en synergie. Ces infrastructures, couplées à une consommation électrique importante, expliquent les pertes enregistrées par OpenAI, même avec un abonnement premium facturé 20 francs suisses (environ 20 euros) par mois.
Pour rassurer ses investisseurs malgré ces chiffres négatifs, OpenAI alimente un discours d’espoir constant. L’entreprise évoque le développement d’une nouvelle intelligence artificielle censée surpasser l’intelligence humaine, bien que la faisabilité de cette avancée soit sujette à débat et que cela relève en partie d’une stratégie marketing habile. La peur de passer à côté de la révolution de l’IA, perçue comme une opportunité majeure, pousse également de nombreux acteurs à maintenir leur confiance malgré les déficits.
La stratégie d’OpenAI ne se limite pas à son produit phare. L’entreprise lance une série de nouvelles initiatives. La plateforme Sora, par exemple, a récemment été dévoilée. S’apparentant à TikTok, Sora génère du contenu vidéo entièrement par IA, bien qu’elle ne propose pas encore de vidéos de personnes. Pour l’heure, son déploiement est limité aux États-Unis et au Canada.
Afin de se rapprocher du succès de plateformes comme TikTok, OpenAI cherche à monétiser ses services. L’entreprise a recruté d’anciens employés de Meta (Facebook) dans le but de générer des revenus publicitaires grâce à ses produits comme ChatGPT. Une autre piste explorée est la création d’un bulletin d’information personnalisé, proposant des actualités adaptées aux utilisateurs, basé sur l’analyse de leurs conversations avec l’IA. Cette approche pourrait s’avérer très lucrative, ChatGPT disposant d’une mine de données utilisateurs, incluant des informations sur leur localisation et leurs habitudes d’achat grâce à sa connaissance des cookies et autres traceurs, ouvrant ainsi la voie à la publicité ciblée.
Pascal Lago
Rédacteur en chef économique
Pascal Lago a étudié l’économie à Zurich et Saint-Gall. Il travaille comme rédacteur économique pour Radio SRF depuis mars 2022.