Publié le 2025-10-09 19:22:00. Le président d’Option Démocratique, José Horacio Rodríguez, critique vivement les récentes déclarations du président Luis Abinader concernant la dette publique, réclamant une transparence accrue et un audit complet des emprunts contractés par l’État.
- José Horacio Rodríguez dénonce un manque de clarté quant à la nature et aux conditions des nouveaux prêts.
- Il appelle à un audit pour identifier les prêts potentiellement illégitimes et libérer des fonds pour des investissements sociaux.
- L’objectif est de mettre fin à une gestion de la dette publique perçue comme opaque et au détriment des citoyens.
José Horacio Rodríguez, leader du parti Option Démocratique (OD), a qualifié d’« inquiétantes et évasives » les affirmations du président Luis Abinader selon lesquelles 80% de la dette contractée par son administration servirait à régler les dettes des gouvernements précédents. Selon Rodríguez, cette explication manque de transparence et de précisions techniques sur les nouveaux emprunts souscrits par l’État dominicain ces dernières années.
L’ancien député a fermement critiqué l’usage des « erreurs des administrations précédentes » comme prétexte pour contracter de nouveaux prêts sans transparence. « Il ne suffit pas de blâmer les administrations passées », a-t-il insisté. « Chaque nouvel emprunt compromet le présent et l’avenir du pays. Le peuple a le droit de savoir quelle dette nous payons, dans quelles conditions elle a été acquise et quels sacrifices elle impose aux générations futures. »
Dans cette optique, José Horacio Rodríguez a lancé un défi au gouvernement : celui de réaliser un audit exhaustif afin d’identifier les prêts considérés comme illégitimes, ceux qui ne respecteraient pas la Constitution, auraient été détournés de leur objectif initial, ou auraient fini dans les caisses de fonctionnaires corrompus.
Rodríguez soutient qu’un tel audit de la dette publique ne se limiterait pas à débusquer les prêts frauduleux, mais ouvrirait la voie à des renégociations, voire des annulations. Il a cité en exemple des pays comme le Brésil, où un audit a permis une réduction de 50% de la dette extérieure, et l’Équateur, qui a vu sa dette auprès des banques commerciales diminuer de 70% suite à une démarche similaire.
« L’endettement ne peut pas continuer à être un chèque en blanc. Chaque contrat, chaque émission, chaque refinancement doit être audité. Nous ne pouvons pas accepter que la dette publique soit gérée comme un secret d’État. »
José Horacio Rodríguez, Président d’Option Démocratique
Il a par ailleurs souligné qu’un peso sur cinq encaissé par l’État est consacré au paiement des intérêts de la dette, et non à son remboursement direct. Un audit permettrait, selon lui, de dégager des fonds considérables qui pourraient être réaffectés à des investissements sociaux cruciaux : infrastructures hydrauliques, hôpitaux, écoles et projets communautaires essentiels au bien-être des citoyens. « Au lieu de continuer à payer pour le désordre causé par des gouvernements corrompus, les citoyens pourraient commencer à recevoir ce qu’ils méritent », a-t-il ajouté.
José Horacio Rodríguez a lancé un appel à l’union du Congrès national, de la Chambre des comptes et des organisations de la société civile pour exiger cette transparence. « J’invite tous les secteurs à soutenir cet audit. La dette publique ne peut pas continuer à croître dans le dos des citoyens. Il est temps d’ouvrir les livres et de connaître la vérité sur la façon dont l’argent de chacun a été géré », a-t-il conclu.