Publié le 25 octobre 2024. Une procédure judiciaire est en cours à Dublin pour interdire à un avocat d’exploiter son logement loué en tant que location de courte durée type Airbnb, le propriétaire alléguant une violation du bail et l’absence de permis.
- Une injonction est demandée pour empêcher Geoffrey Curran d’utiliser son appartement de Dublin comme location type Airbnb.
- Les administrateurs de la succession de feu Robert Ranson snr, propriétaires de l’appartement, allèguent que Geoffrey Curran exploite une activité commerciale depuis plus d’un an, en violation des termes du bail.
- L’avocat représentant les plaignants a qualifié le refus de comparution de M. Curran devant le tribunal de « surprenant » et « inhabituel ».
La requête, présentée devant le juge John O’Connor du tribunal civil du circuit de Dublin, vise Geoffrey Curran, un avocat qui occupe un appartement situé Blind Quay, Exchange Street Lower, à Dublin 8, depuis 2020. Selon les plaignants, l’appartement aurait été exploité comme une location Airbnb pendant plus d’un an, en contravention du bail et sans les autorisations nécessaires.
Mardi matin, la cour a constaté l’absence de M. Curran, ni présent ni représenté. David Geoghegan, avocat mandaté par Robert Coonan Solicitors, représentait les plaignants : Robert Ranson, David Ranson et John Paul Ranson. Ces derniers agissent en tant que représentants personnels de la succession de feu Robert Ranson snr, une partie domiciliée à Clontarf, Dublin.
Maître Geoghegan a exprimé sa surprise face à cette absence, soulignant que des démarches avaient été entreprises pour notifier M. Curran, y compris une autorisation du tribunal obtenue le 7 octobre pour une signification par courrier électronique et postal, effectuée la semaine précédente. Il a rappelé qu’une correspondance antérieure par courriel avait reçu des réponses rapides de la part de M. Curran, mais qu’un « silence radio » s’était installé depuis l’envoi de la déclaration relative à la demande d’injonction le 9 octobre, malgré un nouveau courriel envoyé lundi.
L’avocat a ajouté disposer d’un certificat prouvant l’envoi des documents, décrivant la posture de M. Curran comme celle de quelqu’un qui « met la tête dans le sable ». Le juge O’Connor a tenté de joindre M. Curran par téléphone, sans succès concluant. M. Curran aurait indiqué ne pas pouvoir comparaître le jour même, arguant de son emploi dans un cabinet d’avocats international à Dublin.
Maître Geoghegan a estimé qu’il était « clair » que M. Curran avait bien reçu les documents, et a qualifié de « ridicule » la suggestion de ce dernier de tenir son téléphone au tribunal afin qu’il puisse exposer sa position directement au juge.
Le juge O’Connor a rappelé qu’un avocat est un officier de justice tenu de connaître les règles de procédure. La signification ayant été jugée valide, l’affaire a été ajournée à vendredi matin, le juge précisant que la situation ne devait pas être traitée selon la convenance de M. Curran, d’autres affaires étant également inscrites au rôle.
Selon les plaignants, le défunt M. Ranson snr avait loué l’appartement de Blind Quay pour une durée de 500 ans, conformément à un bail datant d’avril 1998 avec Temple Bar Properties Ltd. L’appartement aurait été sous-loué en 2020 à M. Curran et à une autre personne, depuis partie, dans le cadre d’une sous-location à usage d’habitation. Les plaignants soutiennent que M. Curran n’est autorisé à utiliser la propriété qu’à des fins de logement privé pour trois personnes, et non pour y mener une activité commerciale ou accueillir des locataires pour de courts séjours.
La requête des plaignants sollicite diverses ordonnances, incluant l’interdiction d’utiliser la propriété comme Airbnb et la reddition de comptes sur les bénéfices potentiels de cette exploitation. Ils mentionnent également qu’en juillet dernier, un arbitre de la Commission de la location résidentielle avait validé un avis de résiliation envoyé par le propriétaire à M. Curran en janvier. M. Curran ayant fait appel de cette décision, il occupe toujours l’appartement, dont le loyer mensuel s’élève à 3 350 €, dans l’attente de l’audience.