Home Économie Oubliez Kevin Warsh : voici qui contrôle réellement les taux et un dividende de 11 % pour le profit

Oubliez Kevin Warsh : voici qui contrôle réellement les taux et un dividende de 11 % pour le profit

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Les investisseurs anticipent une baisse des taux d’intérêt avant l’élection présidentielle de 2026, une stratégie orchestrée en coulisses par le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, plutôt que par la Réserve fédérale. Cette manœuvre, qui consiste à manipuler l’offre de bons du Trésor, pourrait offrir des opportunités intéressantes pour certains fonds d’investissement.

La raison de cette baisse anticipée des taux est claire : l’administration actuelle souhaite créer un environnement économique favorable avant le scrutin de 2026. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le véritable pouvoir en matière de taux ne réside pas entre les mains de Jay Powell, le président de la Fed, ou de son successeur potentiel, Kevin Warsh, mais bien entre ceux de Scott Bessent, le secrétaire au Trésor.

Bessent a mis en œuvre une stratégie consistant à émettre massivement de la dette à court terme, contrôlée par la Fed, puis à utiliser les fonds ainsi levés pour racheter des dettes à plus long terme. Cette approche permet au gouvernement d’emprunter à des taux plus avantageux à court terme, exerçant une pression implicite sur la Fed pour qu’elle maintienne des taux bas.

Mais l’impact le plus significatif pour les obligations réside dans la réduction de l’offre de bons du Trésor à long terme. En diminuant cette offre, la demande augmente, ce qui fait grimper les prix et plafonne les rendements. Il s’agit en quelque sorte d’un recyclage de la dette américaine, réduisant encore davantage le nombre de bons du Trésor à long terme disponibles pour les investisseurs. Ce « plafond de rendement » imposé par Bessent s’est manifesté par un pic à 4,6 % au début du premier mandat de Donald Trump, avant de décliner.

Cette configuration – des rendements du Trésor stables ou en baisse – crée un plancher et un potentiel de hausse pour les obligations. Dans ce contexte, le Fonds d’opportunités d’entreprise et de revenu PIMCO (NYSE 🙂 se distingue particulièrement, grâce à sa position de long terme sur les actifs de crédit de son portefeuille, qui s’élève à un peu plus de sept ans.

Les obligations à longue durée sont généralement favorisées dans un environnement de baisse des taux, car elles deviennent plus attrayantes que les nouvelles dettes émises à des rendements plus faibles. De plus, l’effet de levier appliqué au fonds amplifie cette sensibilité, avec une durée ajustée de 3,8 ans, permettant de profiter de la baisse des taux sans prendre de risques excessifs en cas de hausse.

Malgré ces atouts, le fonds PTY se négocie actuellement à un prix qui pourrait sembler élevé. Il affiche une prime de 9,6 % par rapport à sa valeur liquidative, ce qui signifie que les investisseurs paient environ 1,10 $ pour chaque dollar d’actifs du fonds. Cependant, cette prime doit être replacée dans son contexte, notamment les réductions observées sur les fonds fermés (CEF).

En réalité, PTY se négocie à un prix avantageux, surtout si l’on considère qu’en 2022, en pleine flambée de l’inflation (9 %), la situation était bien moins favorable. La décote actuelle du fonds semble donc exagérée et pourrait indiquer un point d’inflexion.

La réputation de PIMCO, fondée par le légendaire investisseur Bill Gross dans les années 1970, joue également un rôle. La marque bénéficie d’une aura presque mythique, ce qui explique en partie pourquoi les fonds PIMCO, dont PTY, se négocient généralement avec une prime. Dan Ivascyn a succédé à Gross et a été reconnu comme gestionnaire de titres à revenu fixe de l’année en 2013, et intronisé au Temple de la renommée de la société des analystes à revenu fixe en 2019.

L’équipe d’Ivascyn a diversifié le portefeuille de PTY, avec 39 % alloués à la dette américaine à haut rendement, 13 % aux marchés émergents et 16 % aux marchés développés non américains. Les 32 % restants sont investis dans des titres adossés à des créances hypothécaires non-agences, des obligations de qualité investissement et d’autres prêts.

Cette répartition offre plusieurs avantages. Les obligations américaines du fonds devraient bénéficier de la baisse des taux, tandis que les avoirs non américains pourraient profiter de l’afflux de capitaux américains à la recherche de rendements plus élevés, ainsi que de la dépréciation du dollar.

Sur le long terme, les performances de PTY sont indéniables. Lancé en 2002, le fonds a surpassé son indice de référence, le FNB d’obligations à haut rendement SPDR Bloomberg (NYSE :), depuis son lancement. Ce rendement a été principalement généré par la réinvestissement des dividendes, grâce aux versements mensuels importants de PTY.

Malgré une légère réduction pendant la pandémie de COVID-19, les versements du fonds sont restés stables, y compris en 2022. De plus, les dividendes spéciaux réguliers ont largement compensé cette baisse. Dans le contexte actuel, avec de nombreux facteurs pesant sur les taux, il est probable que ces versements généreux soient maintenus.

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