Publié le 21 octobre 2025. Des avions de chasse F-35 ont survolé la base aérienne de Volkel lors de l’exercice nucléaire annuel de l’OTAN, baptisé « Steadfast Noon ». Cet entraînement d’envergure vise à démontrer la capacité de l’alliance à utiliser ses armes nucléaires en cas de nécessité extrême, tout en envoyant un message clair à la Russie.
- L’exercice « Steadfast Noon » réunit 70 avions de combat et 2 000 participants de 13 pays de l’OTAN.
- L’objectif affiché est de renforcer la dissuasion en montrant la préparation et la capacité de l’alliance à employer l’arme nucléaire.
- L’OTAN a ouvert ses portes aux journalistes pour la première fois afin d’accroître la transparence et le soutien public.
C’est le rugissement assourdissant des réacteurs des F-35 qui a rompu le silence au-dessus de la base aérienne militaire de Volkel, théâtre cette semaine de « Steadfast Noon », l’exercice nucléaire annuel de l’OTAN. L’événement mobilise soixante-dix avions de combat issus de treize nations, rassemblant ainsi 2 000 personnels. Ces manœuvres, qui se déroulent jusqu’à vendredi, servent à affirmer la détermination de l’alliance à recourir à l’arme nucléaire si la situation l’exige.
« Cette mission est conçue pour souligner que nous sommes prêts à utiliser les armes nucléaires dans des situations extrêmes, si nécessaire », a déclaré Marcel van Egmond, commandant du Commandement de la Défense Aérienne (Air Combat Command), qui supervise tous les sites équipés d’avions de combat et de drones. Selon lui, cette démonstration de force est cruciale : « Si l’on veut dissuader, il faut s’entraîner rigoureusement et prouver ses capacités. C’est ainsi que l’adversaire nous prendra au sérieux et y réfléchira à plusieurs reprises. »
Bien que non officiellement nommée, la Russie est clairement identifiée comme l’adversaire simulé lors de cet exercice. « Il est fort probable que les Russes observent », a confié le pilote Bram, qui dirige les opérations. Une observation que l’OTAN semble encourager, une première historique pour l’alliance qui a invité des journalistes à couvrir l’événement.
« Nous pensons qu’il est important de montrer à notre public ce que nous faisons ; nous voulons être transparents. »
Daniel Bunch, chef du département nucléaire de l’OTAN
« Cela correspond à l’air du temps », a ajouté Daniel Bunch, le chef américain du département nucléaire de l’OTAN. « Il ne s’agit pas d’une escalade rhétorique. Nous estimons qu’il est essentiel de partager nos activités avec le public, dans un souci de transparence. »
Pour illustrer ces exercices, quatre F-35 néerlandais et deux Tornado allemands ont décollé. Des bombes nucléaires factices sont employées, mais elles n’ont pas été embarquées sur les appareils ce jour-là, invoquant des « raisons de sécurité ».
Par ailleurs, la décision prise cet été lors du sommet de l’OTAN à La Haye impose désormais aux 32 pays membres d’allouer au moins 5 % de leur PIB à la défense. Sur ce total, 3,5 % sont destinés aux dépenses militaires directes, et les 1,5 % restants couvrent des domaines connexes, tels que le renforcement des infrastructures pour faciliter le passage de blindés.
Cette exigence d’investissements massifs dans la défense répondait en partie aux attentes du président américain Donald Trump, qui souhaitait que les Européens assument une plus grande part de leur sécurité après des années de réductions budgétaires.
« C’est précisément ce pour quoi nous nous battons : notre démocratie et notre liberté d’expression. Chacun est libre d’avoir sa propre opinion. »
Marcel van Egmond, commandant de l’Air Combat Command
Ces sommes représentent des engagements financiers considérables. Pour les Pays-Bas, cela se traduit par un investissement annuel supplémentaire d’environ 19 milliards d’euros dans leur défense. L’augmentation des dépenses militaires est également devenue un sujet de débat lors de la campagne électorale, soulevant la question de leur financement : faut-il augmenter les impôts, réduire les aides sociales ou recourir à l’emprunt ?
L’OTAN espère que cette ouverture accrue permettra aux près d’un milliard de citoyens des 32 pays membres de mieux comprendre l’utilisation de leurs deniers publics. De nombreuses vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux et sur le site de l’alliance, visent à renforcer le soutien à l’OTAN. « Nous tenons nos promesses en ces temps incertains, mais grâce à l’OTAN, vous pouvez être assurés que notre mode de vie est protégé », proclame l’une de ces vidéos, montrant un jeune garçon au petit-déjeuner.
Cependant, tous ne partagent pas cet avis. La semaine dernière, cinq manifestants ont été interpellés alors qu’ils tentaient de creuser un tunnel sous la clôture de la base. Leur objectif était de planter des arbres au début de la piste pour interrompre l’exercice nucléaire.
« C’est précisément ce pour quoi nous nous battons », a réaffirmé le commandant Van Egmond. « Notre démocratie et notre liberté d’expression. Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion. C’est une source de grande fierté pour nous aux Pays-Bas. »