Manille, le 25 octobre 2025. Le président Ferdinand R. Marcos Jr. a promulgué un décret présidentiel (EO 100) instaurant un prix plancher pour le riz non décortiqué (palay) afin de soutenir les riziculteurs face à la volatilité des prix. Cette mesure vise à garantir un retour sur investissement équitable pour les agriculteurs.
- Instauration d’un prix minimum garanti pour le palay afin de protéger les producteurs.
- Mise en place d’un comité directeur pour fixer et superviser l’application de ce prix plancher.
- Autorisation de l’utilisation de structures publiques pour le stockage temporaire des récoltes.
Face à la pression exercée par la chute des prix du riz à la production, particulièrement en période de récolte, le président Marcos Jr. a signé le décret présidentiel numéro 100. Ce texte établit un prix minimum garanti pour le palay, dans le but de sauvegarder les revenus des agriculteurs philippins et d’assurer la pérennité de leur activité. Les organisations paysannes avaient notamment demandé un taux de soutien de 5 PHP (Pesos Philippins) par kilogramme et l’annulation des droits de douane sur le riz importé, soulignant que les prix actuels se situent entre 8 et 12 PHP par kilogramme, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production.
L’application de ce prix plancher relève du ministère de l’Agriculture (DA), qui devra en fixer et ajuster les niveaux en tenant compte des coûts de production, des prix du marché, des marges raisonnables pour les agriculteurs, ainsi que du bien-être des producteurs et des consommateurs. D’autres facteurs tels que les calamités naturelles, l’afflux d’importations susceptible de faire baisser les prix, ou encore la capacité du gouvernement à intervenir sur le marché seront également pris en considération. Le décret précise que ce prix minimum sera ajusté régionalement pour refléter les variations des coûts de production et des conditions de marché.
Pour accompagner cette mesure, un comité directeur sera créé, présidé par le DA et co-présidé par le ministère de l’Intérieur et du Gouvernement local. Ce comité, auquel participeront également les ministères du Commerce et de l’Industrie, de la Réforme agraire, de la Protection sociale et du Développement, ainsi que l’Autorité nationale de l’alimentation (NFA), sera chargé de définir et de faire respecter le prix plancher. Les autorités locales (LGU) pourront mettre à disposition des installations publiques, comme des gymnases ou des salles polyvalentes, pour servir de stockage temporaire aux récoltes lorsque les entrepôts traditionnels sont insuffisants. Le comité devra veiller à la bonne utilisation de ces infrastructures pour minimiser les pertes post-récolte.
Le comité directeur aura pour mission de surveiller les transactions agricoles et de soumettre des rapports trimestriels au président sur la mise en œuvre de la politique, ses impacts sur les revenus des agriculteurs et la stabilité de l’approvisionnement en riz. Les violations de la loi, notamment l’achat de palay en dessous du prix plancher fixé, seront sanctionnées par des mesures administratives. Le financement initial de cette initiative proviendra des budgets existants des ministères membres, complété par d’autres fonds identifiés par le Département du budget et de la gestion.
Le décret présidentiel 100 stipule que l’absence d’un prix plancher juste et équitable expose les agriculteurs à une forte volatilité des prix, surtout lors des pics de récolte où l’offre excédentaire, les aléas climatiques et les pratiques commerciales déloyales font chuter les prix. Le texte souligne que cette situation compromet les moyens de subsistance des agriculteurs, la productivité agricole et sa durabilité à long terme, tout en creusant l’écart entre les prix à la production et les prix de détail.
Le décret prend effet immédiatement après sa publication au Journal officiel ou dans un journal à large diffusion.