La pénurie de semi-conducteurs met l’industrie automobile européenne sous tension. Alors que les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis s’intensifient, les constructeurs et leurs fournisseurs européens se retrouvent pris au piège, craignant des arrêts de production imminents.
Olaf Lies, ministre-président de Basse-Saxe, alerte sur les conséquences potentiellement désastreuses de cette crise d’approvisionnement. Selon ses propos rapportés par le journal « Handelsblatt », la situation dépasse le simple dommage collatéral. « Le temps presse, l’Europe a besoin d’une solution rapide – meilleure aujourd’hui que demain, avant l’arrêt des chaînes de production », insiste le socialiste. L’inquiétude est palpable, d’autant que Volkswagen, confronté à des difficultés d’approvisionnement auprès du fabricant néerlandais de puces Nexperia, n’écarte pas la possibilité de devoir réduire temporairement sa production. D’après des informations du quotidien « Bild », le géant de l’automobile aurait déjà entamé des discussions avec l’agence pour l’emploi pour envisager des mesures telles que des indemnités de licenciement pour plusieurs dizaines de milliers d’employés. Le groupe s’est refusé à tout commentaire sur ces nouvelles.
Dans ce contexte tendu, Olaf Lies souligne la vulnérabilité de l’Europe face à sa dépendance technologique. Il préconise une stratégie à moyen terme visant à renforcer la production européenne de composants essentiels comme les semi-conducteurs, les cellules de batteries et les matériaux verts. Il plaide également pour un renforcement des partenariats avec des pays alliés afin de diversifier les sources d’approvisionnement et réduire les dépendances critiques.
Sven Schulze, ministre de l’Économie de Saxe-Anhalt, partage ces préoccupations et tire la sonnette d’alarme. « Les effets du manque de puces que nous constatons aujourd’hui dans l’industrie automobile et chez les sous-traitants montrent à quel point notre système est fragile », a-t-il déclaré au « Handelsblatt ». Pour le représentant de la CDU, l’échec à bâtir une industrie européenne des puces est un problème croissant qui doit devenir une priorité absolue pour l’Union européenne.
Les difficultés rencontrées par Nexperia sont liées à la prise de contrôle de l’entreprise par le gouvernement néerlandais, après une période sous la tutelle d’une holding chinoise. Cette situation aurait conduit la Chine à bloquer l’exportation de certains produits Nexperia, notamment des puces destinées au secteur automobile. L’association allemande de l’industrie automobile (VDA) avait déjà alerté sur les risques de perturbations, voire d’arrêts de production complets, résultant de ces problèmes d’approvisionnement avec Nexperia.