Les taux d’intérêt à long terme aux États-Unis devraient osciller autour de 4,2 % cette année, malgré les inquiétudes macroéconomiques et les incertitudes concernant l’offre d’obligations, selon une analyse récente. Les experts estiment que le marché se dirige vers une situation de neutralité, où les taux directeurs et l’inflation sont modérés.
Au cours de l’année écoulée, le rendement moyen à 10 ans s’est établi à 4,2 %, un chiffre confirmé par la moyenne des trois dernières années. Actuellement, le taux de départ est de 4,05 %. Certains analystes prévoient un retour en dessous de 4 % en raison de la vulnérabilité macroéconomique, mais les tendances actuelles suggèrent une stabilisation autour de 4,2 %.
Cette moyenne de 4,2 % correspond à la tendance neutre identifiée pour le rendement des bons du Trésor à 10 ans. En d’autres termes, si les taux des fonds et l’inflation se stabilisaient près de la neutralité, le rendement à 10 ans suivrait probablement la même trajectoire.
À ce stade, le taux des fonds se situe à 3,64 %, légèrement en dessous de la neutralité. Le marché anticipe un retour à la neutralité d’ici 2026, ce qui pourrait faire grimper le rendement à 2 ans à 3,3 %. L’environnement actuel semble globalement favorable à cette neutralité.
L’inflation, estimée à environ 2,5 % la semaine dernière, et les anticipations d’inflation, qui se situent dans la même fourchette, renforcent cette perspective. Cependant, l’offre d’obligations et le déficit budgétaire ne semblent pas susciter de préoccupations majeures sur le marché, et leur impact sur les échéances à long terme est atténué par l’émission d’obligations à court terme.
L’ambition de Kevin Warsh de réduire le bilan de la Réserve fédérale pourrait exercer une pression supplémentaire sur l’offre, mais l’assouplissement des exigences en matière de ratio de levier pour les grandes banques américaines, annoncé le 1er avril, pourrait compenser cet effet en leur permettant d’acquérir davantage de bons du Trésor.
Le risque de ralentissement économique aux États-Unis est un sujet de débat. Bien que des conditions macroéconomiques défavorables soient attendues, elles ne devraient pas entraîner une baisse structurelle des taux directeurs en dessous de 3 %. Cette incertitude se reflète dans les estimations du marché, qui suggèrent que le taux à 10 ans pourrait facilement revenir à 4,2 % en l’absence de nouveaux éléments.
Le calendrier économique américain s’intensifie avec la publication de nouvelles données. Les résultats de la réunion de janvier de la Réserve fédérale pourraient être particulièrement intéressants, compte tenu de leur ton plus ferme. Bowman de la Fed s’exprimera également sur les questions de supervision et de réglementation.
Dans la zone euro, la France publiera les données définitives de l’IPC pour janvier. Les discours de Villeroy, Cipollone et Schnabel de la Banque centrale européenne seront également à surveiller, notamment les observations de ce dernier sur les niveaux de dette souveraine.
Sur les marchés primaires, l’Allemagne vendra 5,5 milliards d’euros d’obligations, tandis que le Trésor américain proposera 16 milliards de dollars de nouvelles obligations.