Publié le 10 octobre 2024. Le groupe de metal Disturbed s’apprête à électriser la scène polonaise pour la troisième fois, avec un concert très attendu à la TAURON Arena de Cracovie. Connus pour leurs succès planétaires et leur premier album multi-platine, les musiciens menés par David Draiman continuent de faire parler d’eux, tant par leur musique que par les convictions audacieuses de leur leader.
- Le groupe américain Disturbed, formation de heavy metal originaire de Chicago, a marqué le paysage musical dès ses débuts avec l’album « The Sickness » en 2000.
- Cinq albums consécutifs du groupe ont atteint la première place du classement Billboard 200 aux États-Unis, une prouesse rare partagée par peu d’artistes.
- Le leader David Draiman est au cœur de controverses liées à ses positions politiques pro-israéliennes, suscitant réactions et débats dans le milieu musical et auprès de ses fans.
Fondé au milieu des années 1990, Disturbed a conquis le public avec son premier opus « The Sickness ». Porté par l’hymne « Down with the Sickness », cet album a rencontré un succès retentissant aux États-Unis, décrochant cinq disques de platine pour plus de cinq millions d’exemplaires vendus. Sous la houlette du charismatique chanteur David Draiman, la formation a su maintenir sa popularité au fil des années, alignant une série impressionnante de cinq albums classés numéro un du Billboard 200, un exploit seulement égalé par des poids lourds comme Metallica ou le Dave Matthews Band.
Ce vendredi 10 octobre, Disturbed foulera le sol polonais pour une troisième fois, investissant la prestigieuse TAURON Arena de Cracovie. Les fans polonais pourront redécouvrir les titres phares du groupe, ainsi que leur interprétation poignante de « The Sound of Silence » de Simon et Garfunkel. Cette reprise avait pris une dimension particulière en 2019, devenant un symbole lors d’un rassemblement en hommage au président de Gdańsk, Paweł Adamowicz, tragiquement décédé. Les musiciens avaient d’ailleurs manifesté leur empathie lors d’un concert à Varsovie, six mois plus tard, en projetant le visage d’Adamowicz sur leurs écrans, un geste salué par une ovation du public.
Des convictions qui divisent
Ces derniers temps, le nom de Disturbed fait également la une en raison des convictions politiques affirmées de David Draiman, d’origine juive. Le chanteur se décrit comme un « très, très fervent partisan d’Israël », une position qu’il n’hésite pas à exprimer publiquement. En 2019, il avait vivement critiqué Roger Waters, ancien membre de Pink Floyd, et d’autres militants pro-palestiniens, les qualifiant de « camarades nazis » pour leurs appels au boycott d’Israël. En 2024, il a été honoré par le Jerusalem Post et l’Organisation sioniste mondiale pour son engagement dans la lutte contre l’antisémitisme.
Lors d’une visite en Israël l’année précédente, Draiman avait partagé sur les réseaux sociaux des photos le montrant aux côtés de soldats des Forces de défense israéliennes dans la bande de Gaza. La signature d’un message « Fuck Hamas » sur un obus d’artillerie a particulièrement fait grand bruit et suscité une vive controverse. Ce geste lui a valu de vives critiques et la perte de milliers d’abonnés sur Instagram, désapprouvant son soutien affiché à Israël. Le musicien a lui-même témoigné de cet impact : « Avant mon dernier voyage en Israël, je n’avais pas utilisé mon compte Instagram depuis l’expérience Device. Il y avait environ 87 000 abonnés. Je l’ai à nouveau utilisé spécifiquement pour faire connaître mon voyage et la manifestation du Mur Occidental. Depuis que les photos de mon voyage ont été publiées, j’ai désormais 4 000 abonnés de moins », avait-il expliqué.
Une prise de position qui vaut des huées
Ces prises de position, dans un contexte mondial de plus en plus critique envers la politique israélienne, notamment suite aux accusations de génocide devant la commission de l’ONU concernant la bande de Gaza, ont valu à David Draiman d’être copieusement hué lors du concert d’adieu du légendaire groupe Black Sabbath en juillet dernier. Au Villa Park Stadium de Birmingham, la montée sur scène du chanteur, arborant un collier orné de l’étoile de David, a déclenché un tollé dans le public. Sur internet, les commentaires fusaient, tels que « J’aimerais le voir marcher dans les rues du pays où sont tombées les bombes signées par lui » ou encore « Il était prévisible que le public le huerait lors du concert en l’honneur de l’auteur de la chanson ‘War Pigs’ ».
Le leader de Disturbed a par la suite attribué ces huées à « quelques idiots qui haïssaient les Juifs », réaffirmant avec force son identité « définitivement un juif pro-israélien ». Peu de temps après, il s’est retrouvé dans un échange verbal houleux avec le trio irlandais Kneecap, connu pour son soutien à la cause palestinienne. Draiman les a accusés « d’incitation à la haine contre les Juifs ». La réponse du groupe fut cinglante : « Nous ne nous soucions pas de votre religion, mais sourire et signer des bombes qui tuent des enfants font de vous un simple connard ».
Il est difficile de prédire si des militants brandissant des bannières « Palestine libre » se manifesteront lors du concert de Disturbed ce soir. Rien ne l’exclut, bien qu’il soit peu probable que le public choisisse ce moment pour exprimer ses opinions politiques. Une chose est sûre : David Draiman s’inscrit désormais parmi les artistes capables de susciter des émotions fortes et controversées en raison de ses convictions personnelles.